La bataille financière derrière la bataille militaire

Le vice-premier ministre de la Défense et des Anciens combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, a instruit le Fonds de soutien et de développement des FARDC (FSD-FARDC) de lancer une vaste mobilisation des ressources auprès des institutions publiques, des comptes spéciaux et des partenaires afin d’appuyer les Forces armées de la République démocratique du Congo.

Cette initiative intervient dans un contexte sécuritaire marqué par des tensions persistantes dans l’Est du pays. Derrière les opérations militaires se joue une autre bataille : celle des moyens financiers capables de soutenir la défense nationale, moderniser les équipements et renforcer les capacités opérationnelles de l’armée.

Les ressources comme arme stratégique

Pour concrétiser cette mission, une réunion stratégique a réuni les experts du cabinet du vice-premier ministre de la Défense, ceux du Budget ainsi que le secrétariat général à la Défense. L’objectif : définir une feuille de route pour accélérer la collecte des ressources.

Le général Dieudonné Muzala Ilunga, chef de mission, a annoncé le lancement d’une phase de sensibilisation destinée aux institutions et à la population. Selon lui, « la défense et la sécurité sont l’affaire de tous ».

Cette démarche traduit une volonté de faire de l’effort de guerre une responsabilité collective, dépassant le seul cadre militaire.

Un fonds au cœur de la stratégie nationale

Créé par ordonnance présidentielle signée le 20 mars 2026 par le président Félix Tshisekedi, le FSD-FARDC a pour mission de mobiliser des financements destinés aux programmes de développement des forces armées.

Le fonds compte s’appuyer sur plusieurs sources : institutions nationales, entités territoriales décentralisées, partenariats public-privé, bailleurs de fonds ainsi que contributions des personnes physiques et morales.

Comme le rappelait le stratège militaire Carl von Clausewitz : « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens ». Dans cette logique, la capacité militaire dépend aussi de la capacité économique à soutenir l’action de défense.

La sécurité, un engagement collectif

Au-delà des chiffres et des mécanismes financiers, cette mobilisation pose une question essentielle : comment une nation peut-elle garantir sa sécurité sans une base économique solide ?

L’effort de guerre ne se limite donc pas aux champs d’opérations. Il se joue également dans la mobilisation nationale, la transparence dans la gestion des ressources et la confiance entre les institutions et les citoyens.

Comme l’écrivait Sun Tzu dans L’Art de la guerre : « celui qui excelle à résoudre les difficultés les résout avant qu’elles ne surviennent ».

Pour la RDC, le défi est désormais clair : transformer les ressources mobilisées en puissance réelle de protection du territoire et de consolidation de la souveraineté nationale.

Didier BOFATSHI

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