
Le commandement change de main, la bataille continue
Le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Somo Kakule Evariste, reprend officiellement la direction de l’ensemble des opérations militaires dans cette province meurtrie par l’insécurité. La décision a été prise par le vice-premier ministre de la Défense nationale, Guy Kabombo Muadiamvita, à travers un communiqué officiel de la Vice-Primature de la Défense, dans un contexte marqué par la persistance des attaques des groupes armés, notamment les rebelles ADF dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Cette nouvelle orientation stratégique intervient alors que les populations du Nord-Kivu continuent de faire face à une menace sécuritaire persistante, entre violences armées, déplacements forcés et inquiétudes grandissantes.
Un retour au commandement pour rapprocher la décision du terrain
Selon le communiqué officiel de la Vice-Primature de la Défense, cette mesure vise à renforcer la coordination des opérations militaires et à donner au gouverneur militaire une capacité d’action plus directe dans la conduite des missions de sécurisation.
Depuis plusieurs mois, des acteurs politiques, des organisations de la société civile et des représentants communautaires réclamaient une meilleure articulation entre l’autorité provinciale et les forces engagées sur le terrain.
Pour une partie de la population, notamment dans la région de Beni, cette décision représente un espoir : celui d’une réponse militaire plus rapide et mieux organisée face aux groupes armés.
Beni sous pression, l’urgence sécuritaire demeure
La décision intervient quelques jours après de nouvelles attaques attribuées aux ADF dans la région de Beni, notamment à Mayangose et dans le secteur Beni-Mbau. Ces violences ont ravivé les inquiétudes des habitants, malgré les opérations militaires en cours et l’état de siège instauré depuis 2021.
Le défi reste immense : protéger les civils, neutraliser les groupes armés et restaurer durablement l’autorité de l’État.
Comme l’écrivait le stratège militaire Sun Tzu dans L’Art de la guerre : « la rapidité est l’essence même de la guerre ». Une coordination efficace devient donc un facteur déterminant dans la lutte contre les menaces sécuritaires.
Une décision militaire, un test pour l’État
Au-delà du changement de commandement, cette reprise des opérations par le gouverneur militaire constitue un test grandeur nature pour la stratégie sécuritaire congolaise. Elle traduit une volonté de rapprocher le pouvoir de décision des réalités du terrain.
Cependant, l’efficacité dépendra de plusieurs facteurs : moyens disponibles, discipline opérationnelle, renseignement, coordination entre services et protection des populations civiles.
Comme le rappelait Carl von Clausewitz : « la guerre est un véritable caméléon qui change constamment de nature ».
Au Nord-Kivu, la bataille ne se gagnera pas seulement par les armes, mais par la capacité de l’État à transformer le commandement en résultats visibles pour les citoyens.
Didier BOFATSHI

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