
Le tournant vert
Kinshasa, 7 juillet 2026. La gouvernance forestière entre dans une phase décisive en République Démocratique du Congo. La ministre Marie Nyange Ndambo a annoncé l’achèvement de la première politique forestière nationale, tandis que le futur Code forestier poursuit sa maturation. Lors d’une intervention mardi dernier au cours d’un briefing presse consacrée aux réformes en cours dans son secteur, ces réformes répondent à la fois aux ambitions climatiques du pays et aux engagements conclus avec le Fonds Monétaire International.
La forêt devient une puissance
« La Terre n’appartient pas à l’homme ; c’est l’homme qui appartient à la Terre. » Cette pensée attribuée au chef Seattle résume l’enjeu. La RDC ne protège plus seulement ses forêts. Elle redéfinit leur gouvernance.
« Le Président de la République met l’environnement au premier plan parce que nous sommes un grand pays forestier », a déclaré Marie Nyange Ndambo. Elle ajoute que cette stratégie vise également à combattre la pauvreté dans les zones forestières.
Puis, la ministre annonce une avancée historique : « C’est la première fois que le pays élabore une politique forestière. » Ce document a réuni administrations, secteur privé, société civile, partenaires techniques, communautés locales et peuples autochtones. Son adoption par le Conseil des ministres reste attendue.
Le Code écrit l’avenir
Parallèlement, le Code forestier poursuit son élaboration. « Les experts vont se rendre dans les provinces… afin d’associer les acteurs provinciaux », précise la ministre.
Cette démarche dépasse la technique. Elle traduit une volonté de construire une gouvernance plus transparente. Montesquieu avertissait : « Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires. » Ici, l’enjeu consiste moins à multiplier les textes qu’à garantir leur application.
Les deux réformes figurent parmi les critères retenus dans les programmes soutenus par le FMI. Elles confortent la vision de la RDC comme « pays solution » face aux défis climatiques.
En conclusion, la bataille dépasse désormais les arbres. Elle concerne la souveraineté, la crédibilité et le développement. Comme l’écrivait Antoine de Saint-Exupéry, « Nous n’héritons pas de la Terre de nos ancêtres ; nous l’empruntons à nos enfants. » L’avenir de la gouvernance forestière congolaise se jouera désormais sur le terrain, là où les promesses deviennent des preuves.
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Didier BOFATSHI

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