Kinshasa, l’information comme champ de bataille

À Kinshasa, la souveraineté informationnelle s’impose comme un enjeu stratégique majeur du XXIe siècle. Selon Opinion Info, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a appelé à une maîtrise renforcée de l’espace informationnel. Il s’exprimait le 4 juillet 2026 au CHESD, lors d’un colloque international sur la défense et la stratégie.

Dans un contexte de conflits hybrides, le message s’adresse directement aux futurs cadres sécuritaires de l’État.

Information, bruit et pouvoir

Muyaya insiste sur une mutation profonde des rapports de force. Désormais, la puissance ne repose plus uniquement sur le militaire ou l’économique. Elle dépend aussi de la capacité à structurer, filtrer et imposer un récit.

En filigrane, la logique rejoint la théorie de l’information de Claude Shannon : toute communication est exposée au bruit, aux distorsions et aux pertes de sens. Dans ce cadre, l’espace médiatique devient un système instable où les signaux concurrents s’affrontent.

La bataille des récits

« Les récits influencent les perceptions, lesquelles orientent les décisions stratégiques », rappelle le ministre, cité par Opinion Info. Ainsi, la souveraineté ne se limite plus au territoire physique. Elle s’étend à la maîtrise du flux informationnel.

Dès lors, contrôler le message revient à réduire le “bruit stratégique” et à augmenter la clarté du signal national dans un environnement saturé.

Communication comme infrastructure de puissance

La communication stratégique n’est plus périphérique. Elle devient une infrastructure de puissance. Elle conditionne la diplomatie, la sécurité et la crédibilité internationale de l’État.

Dans une lecture quasi-systémique, l’État agit comme un émetteur cherchant à optimiser la qualité de transmission de son récit face à des canaux concurrents.

Une souveraineté à haute entropie

Le colloque du CHESD, tenu du 2 au 4 juillet, réunit experts et décideurs autour des recompositions géopolitiques. Dans ce paysage à forte entropie informationnelle, Muyaya trace une ligne : sans contrôle du récit, la souveraineté se fragmente. Une équation où puissance et information deviennent indissociables.

Didier BOFATSHI

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