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La frontière des larmes

Selon l’information consultée sur rfi.fr par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, près de 78 000 Zimbabwéens ont quitté l’Afrique du Sud depuis la nouvelle flambée de violences xénophobes. Depuis plusieurs semaines, la peur pousse des milliers de migrants vers Beitbridge. Ainsi, la crise révèle une fracture sociale profonde dans la première puissance économique africaine.

Le départ comme dernier refuge

D’abord, Harare annonce avoir aidé 21 300 ressortissants à rentrer. Ensuite, 56 830 autres ont quitté le pays par leurs propres moyens. De son côté, Pretoria évoque 45 000 départs depuis le 7 juin.

Cependant, derrière ces chiffres se cachent des vies bouleversées. Des familles abandonnent leurs emplois et leurs projets. Elles fuient un climat marqué par les attaques contre les étrangers.

La colère nourrie par la précarité

Par ailleurs, l’Afrique du Sud traverse une crise économique majeure. Le chômage atteint environ 33 %. Certains groupes accusent alors les migrants de voler les emplois nationaux.

Pourtant, cette lecture masque des causes plus profondes. Comme l’écrivait Frantz Fanon : « Chaque génération doit découvrir sa mission, la remplir ou la trahir ». Le défi dépasse donc la migration. Il concerne la justice sociale.

L’Afrique face à son miroir

Enfin, cette crise interpelle tout le continent. L’étranger devient parfois le symbole d’une colère économique collective. Pourtant, l’histoire africaine rappelle l’importance de la solidarité.

« Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde », écrivait Albert Camus. Dès lors, l’Afrique du Sud doit choisir entre le repli et la construction d’un avenir commun. Car aucune nation ne grandit en transformant ses voisins en ennemis.

Didier BOFATSHI

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