Après avoir reconnu que son premier constat manquait d’humanité, l’opposant recentre son propos sur les victimes et demande que les circonstances du drame soient établies.
Le crash aérien survenu le 25 septembre près de Kenge, dans le Kwango, a fait 17 morts. Après avoir vivement critiqué la gouvernance du secteur, Olivier Kamitatu a rec8onnu que son premier constat pouvait manquer d’humanité. Il s’incline devant les victimes et réclame une enquête transparente. En parallèle, le gouvernement a suspendu le certificat de transporteur aérien de TRACEP Congo Aviation dans l’attente des conclusions des investigations.
Kamitatu corrige le ton, pas le fond de sa critique
Olivier Kamitatu a reconnu la dimension humaine du drame après ses premières réactions au crash. « Mon constat manque d’humanité. Je l’assume. Dix-sept vies ont été fauchées. Dix-sept familles sont brisées. Je m’incline devant elles », affirme-t-il dans le message fourni.
L’ancien ministre maintient toutefois son interrogation sur la gouvernance du secteur. Dans une précédente réaction, il dénonçait notamment ce qu’il considérait comme un abandon de Kenge et estimait que l’accès au transport aérien ne devait pas relever du hasard. Ces propos relèvent de son appréciation politique et ne constituent pas, à eux seuls, une démonstration des causes du crash.
Le gouvernement a déjà pris des mesures
Sur le plan factuel, les autorités ont engagé plusieurs procédures. Le ministère des Transports a ordonné la suspension du certificat de transporteur aérien de TRACEP Congo Aviation. La mesure interdit à la compagnie d’exploiter ses appareils sur le territoire national jusqu’à la fin des enquêtes conduites par le Bureau permanent d’enquêtes d’accidents et incidents d’aviation (BPEA).
Une enquête judiciaire a également été ordonnée par le ministre de la Justice afin d’établir les circonstances et les causes de l’accident.
Ces décisions ne permettent cependant pas encore de déterminer les responsabilités. Les conclusions des enquêteurs devront établir les causes précises du crash.
Critiquer, mais aussi regarder les actes
La réaction de Kamitatu pose ainsi une question plus large sur la manière d’évaluer l’action publique. La critique des insuffisances constitue une composante normale du débat politique. Elle ne dispense toutefois pas d’examiner les mesures effectivement prises par les pouvoirs publics.2
À ce stade, le gouvernement a pris une mesure administrative contre la compagnie impliquée et engagé des investigations techniques et judiciaires. Dire cela ne revient pas à conclure que la politique gouvernementale dans le secteur des transports est satisfaisante. Cela signifie simplement que le débat doit distinguer les faits établis des jugements politiques.
La reconnaissance des actions publiques documentées participe aussi à un débat fondé sur l’intérêt général. Elle permet de mesurer ce qui a été fait, ce qui reste à faire et ce que les enquêtes pourraient encore révéler.
La vérité attendue sur le crash de Kenge
Le bilan officiel s’établit à 17 morts, dont 13 passagers et quatre membres d’équipage. Parmi les victimes figurent notamment deux hauts responsables de la justice militaire congolaise.
Kamitatu conclut son message par une demande qui rejoint désormais celle des autorités : « Devant la mort, les désaccords se taisent. Parce que chaque vie compte, j’attends une enquête transparente. Les victimes méritent la vérité. »
La priorité est donc désormais de déterminer les causes du crash, d’établir les responsabilités éventuelles et de tirer, le cas échéant, les conséquences nécessaires pour la sécurité du transport aérien en RDC.
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