À Kinshasa, le maintien du corps de Manassé Lomboto intervient alors qu’une enquête judiciaire est ouverte sur les événements du 15 septembre et que la C64 a saisi la justice militaire.

La levée du corps de Manassé Lomboto, prévue le 26 septembre au CHU du Cinquantenaire, a été reportée après une réquisition du parquet de Kinshasa/Kalamu. Cette décision intervient dans un contexte sensible : la C64 réclame des investigations sur les violences du 15 septembre et vient de déposer une plainte contre plusieurs responsables politiques et sécuritaires.

Pourquoi le parquet maintient-il le corps à la morgue ?

Le parquet affirme avoir ouvert une enquête à la suite du décès de Manassé Lomboto, survenu dans le contexte de la manifestation de la C64 du 15 septembre. Sa réquisition demande au CHU du Cinquantenaire de conserver le corps jusqu’à la fin des investigations.

Le droit congolais prévoit précisément une précaution en cas de mort suspecte. L’article 137 du Code de la famille interdit l’inhumation lorsqu’il existe des signes ou indices de mort violente avant l’établissement d’un procès-verbal sur l’état du corps et les circonstances du décès, avec l’intervention d’un officier de police judiciaire et d’un médecin ou professionnel de santé.

La levée du corps pouvait-elle intervenir avant ces vérifications ?

C’est ici que se situe la principale question juridique. Si des constatations médico-légales restent nécessaires, une inhumation précipitée peut compliquer la conservation de certains éléments utiles à l’enquête.

La C64 affirme que Lomboto est mort à la suite des violences de la manifestation. Cette version constitue, à ce stade, une déclaration de la coalition. L’ADD Congo avait également réclamé une enquête indépendante après son décès.

Que change la plainte déposée par la C64 ?

Le 25 septembre, plusieurs formations de la C64 ont saisi l’Auditeur général près la Haute Cour militaire. La plainte met notamment en cause le ministre de l’Intérieur Jacquemain Shabani, le gouverneur de Kinshasa Daniel Bumba Lubaki et plusieurs responsables politiques et sécuritaires.

Cette plainte ne constitue pas une preuve de culpabilité. Elle demande que des faits et des responsabilités soient examinés judiciairement. Le ministère de la Justice avait, de son côté, annoncé le 21 septembre une enquête portant notamment sur les violences, les blessures, les destructions et les allégations de décès liées aux manifestations.

Que révèle finalement le maintien du corps ?

Le dossier place désormais la preuve médico-légale au centre de la controverse. La question n’est pas seulement de savoir quand les obsèques peuvent avoir lieu, mais si toutes les constatations nécessaires ont été réalisées.

Le maintien du corps peut donc se comprendre comme une mesure de conservation des éléments utiles à la manifestation de la vérité. Mais cette mesure doit rester liée aux nécessités réelles de l’enquête. Elle ne préjuge ni de la cause juridique du décès ni de la responsabilité des personnes visées par la plainte.

La question qui reste ouverte est désormais celle de la nature des constatations encore nécessaires avant que le corps puisse être remis à la famille.

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