Jean-Pierre Lihau, vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique en RDC.Une photographie officielle de Jean-Pierre Lihau lors d’une activité liée à la Fonction publique ou à la réforme administrative.

Le recrutement de la 11ᵉ promotion de l’ENA relance le débat sur l’employabilité des jeunes et la valorisation de l’expérience dans l’administration publique.

Le gouvernement veut attirer davantage de jeunes cadres vers l’administration publique. Pour la 11ᵉ promotion de l’École Nationale d’Administration, les candidats doivent notamment avoir au plus 35 ans, selon les modalités du cadre légal. Ce choix s’inscrit dans une logique de renouvellement, mais soulève aussi la question de la place accordée aux profils plus âgés et expérimentés.

Un recrutement ciblé sur la jeunesse

Le vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, appelle les gouverneurs à sensibiliser les jeunes au concours d’admission à la 11ᵉ promotion de l’École nationale d’administration (ENA).

Selon les informations recueillies, le recrutement, lancé le 15 septembre 2026, vise la session 2027-2028. Les candidatures sont déposées en ligne via la plateforme MyENA. Le concours cible notamment les diplômés de niveau BAC+5, fonctionnaires ou non, âgés de 35 ans au maximum.

Cette limite ne relève toutefois pas d’une simple consigne liée à cette promotion. La loi n°16/013 du 15 juillet 2016 fixe à 35 ans l’âge maximal de recrutement dans la fonction publique nationale.

Entre renouvellement et expérience

Le choix d’un plafond d’âge répond à une logique identifiable : favoriser l’entrée de jeunes cadres dans une administration appelée à renouveler ses compétences.

Mais cette politique pose une question d’employabilité. Un diplômé de 36, 40 ou 45 ans, déjà doté d’une expérience professionnelle, peut-il être considéré comme dépourvu de potentiel pour le service public uniquement en raison de son âge ?

La question mérite d’autant plus d’attention que le même statut fixe à 65 ans l’âge de mise à la retraite des agents de carrière. L’administration organise donc juridiquement une carrière pouvant s’étendre sur plusieurs décennies, tout en fermant l’accès à certains nouveaux profils dès 35 ans.

Le paradoxe du renouvellement

Il ne s’agit pas de remettre en cause la nécessité d’intégrer une nouvelle génération. Le défi consiste plutôt à articuler rajeunissement des effectifs et transmission de l’expérience.

L’administration publique ne se construit pas uniquement par l’arrivée de nouveaux diplômés. Elle repose aussi sur la conservation des compétences, la mobilité professionnelle, la formation continue et la transmission des savoir-faire.

La stratégie actuelle pose ainsi une question plus large : comment élargir l’employabilité des jeunes sans transformer l’âge en barrière excessive pour des candidats susceptibles d’apporter une expertise supplémentaire à l’État ?

La réforme de l’administration devra donc concilier deux impératifs : préparer sa relève et mieux utiliser l’expérience disponible.

Le débat ne porte donc pas uniquement sur le recrutement de jeunes à l’ENA. Il concerne plus largement la manière dont la RDC peut organiser la relève administrative sans écarter trop tôt les compétences acquises. La question demeure : le plafond de 35 ans doit-il rester l’unique porte d’entrée vers les carrières administratives supérieures, ou faut-il davantage diversifier les mécanismes de recrutement et de valorisation de l’expérience ?

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