Après le crash qui a fait 17 morts à Kenge, dans le Kwango, le ministère des Transports a ordonné la suspension du Certificat de Transporteur Aérien de Tracep Congo Aviation. La mesure bloque l’exploitation de ses appareils jusqu’aux conclusions de l’enquête de sécurité.

Le drame s’est produit vendredi 25 septembre à Kenge, alors qu’un Let 410 exploité par Tracep Congo Aviation effectuait la liaison Kikwit-Kinshasa. Le bilan, initialement établi à 13 morts, a été porté à 17 après la récupération des corps.

Une suspension en attendant les conclusions

Selon le ministère des Transports, Voies de Communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba a instruit l’Autorité de l’aviation civile de suspendre immédiatement le CTA de Tracep Congo Aviation.

Cette décision entraîne l’arrêt de l’exploitation de ses aéronefs sur le territoire national jusqu’à la fin des investigations menées par le Bureau permanent d’enquêtes d’accidents et incidents d’aviation (BPEA).

Le BPEA avait déjà dépêché des enquêteurs sur le site et demandé la préservation des éléments susceptibles d’éclairer les circonstances du crash.

Dix-sept victimes, dont deux hauts magistrats militaires

Le crash a également frappé la justice militaire. Les FARDC ont confirmé la mort du lieutenant-général Joseph Mutombo Katalayi, premier président de la Haute Cour militaire, et du lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, auditeur général des FARDC. Ils revenaient d’une mission effectuée à Kikwit.

Les circonstances exactes de l’accident restent cependant à établir. Les premières informations indiquent que l’équipage aurait recherché un endroit où atterrir avant que l’appareil ne s’écrase dans une parcelle à Kenge. La boîte noire n’avait pas encore été retrouvée dans les premières heures de l’enquête.

L’enquête devra établir les causes

La suspension administrative ne constitue donc pas, à ce stade, une conclusion sur les causes du crash. Celles-ci devront être déterminées par l’enquête technique.

Cette distinction est essentielle dans un secteur où la responsabilité ne peut être établie qu’à partir des données de vol, de l’état de l’appareil, des procédures opérationnelles et des éléments recueillis sur le site.

Comme le rappelait Albert Einstein, « la connaissance s’acquiert par l’expérience, tout le reste n’est que de l’information ». Dans le cas de Kenge, l’enjeu immédiat est précisément de transformer les éléments recueillis en faits établis.

Le ministère annonce qu’il communiquera les informations officielles au fur et à mesure de l’évolution des investigations. Leur conclusion devra notamment permettre de déterminer les causes de l’accident et les éventuelles responsabilités.

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