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Photo d’illustrationLe passé frappe encore à la porte du présent

La République démocratique du Congo porte une mémoire lourde, marquée par l’esclavage, la colonisation et des décennies d’exploitation. À Accra, au Ghana, la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a appelé la communauté internationale à transformer le souvenir des souffrances historiques en actes concrets. Son message résonne comme une interpellation : reconnaître l’histoire ne suffit plus, il faut réparer.

Selon une information de l’Agence Congolaise de Presse (ACP), la cheffe de la diplomatie congolaise s’exprimait jeudi 18 juin 2026 lors de la Conférence consultative de haut niveau consacrée à la mise en œuvre de la résolution A/RES/80/250 de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la traite transatlantique des esclaves africains et la justice réparatrice.

Une mémoire qui réclame justice

« La mémoire sans justice demeure une blessure ouverte. La justice sans action demeure une promesse inachevée », a déclaré Thérèse Kayikwamba Wagner.

Par cette formule forte, la ministre place la question des réparations au cœur d’un débat mondial : celui d’une histoire qui continue de produire des conséquences sociales, économiques et politiques. Pour Kinshasa, la reconnaissance du passé doit devenir une responsabilité collective.

Comme l’écrivait l’historien Pierre Nora : « La mémoire est la vie, toujours portée par des groupes vivants. » Elle n’est donc pas seulement un regard vers hier, mais un engagement pour demain.

Le poids des héritages invisibles

La ministre a rappelé que la RDC, malgré ses immenses ressources stratégiques, notamment dans le contexte de la transition énergétique mondiale, reste confrontée à des crises profondes. Les conflits armés persistants et les difficultés humanitaires démontrent, selon elle, que certaines blessures historiques continuent d’influencer les réalités contemporaines.

Derrière la revendication de justice réparatrice apparaît ainsi une question essentielle : comment transformer une reconnaissance symbolique en changement concret ?

De la mémoire à l’action

À Accra, la RDC a plaidé pour un programme capable de corriger les inégalités structurelles héritées du passé et de promouvoir des réparations « justes, équitables et durables ».

Cette démarche rejoint la pensée de Nelson Mandela : « L’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde. » Mais au-delà de l’éducation, c’est aussi la justice qui devient un instrument de reconstruction des peuples.

Car une mémoire ignorée devient une cicatrice profonde. Une mémoire reconnue devient une force pour bâtir l’avenir.

Didier BOFATSHI

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