
Le glas de la confiance
Hier vendredi 26 juin 2026, à New York, lors d’une session du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée à la crise dans l’Est de la République Démocratique du Congo, le conseiller principal des États-Unis pour les affaires africaines, Massad Fares Boulos, a dressé un constat sévère un an après la signature de l’Accord de Washington. Devant les quinze membres du Conseil, il a estimé que ni Kinshasa ni Kigali n’ont pleinement respecté leurs engagements, compromettant les perspectives d’une paix durable dans la région des Grands Lacs.
Le miroir brisé de Washington
Le bilan est sans détour. « En dépit des progrès, les parties continuent à ne pas honorer leurs obligations », a déclaré Massad Fares Boulos. Il précise que « la RDC n’a pas honoré ses obligations pour la neutralisation des FDLR », tandis que « le Rwanda n’a pas honoré ses engagements concernant le retrait des Forces de défense du Rwanda. Il continue de soutenir le M23 ». Ces propos replacent le processus de paix devant ses contradictions et rappellent que les engagements diplomatiques ne valent que par leur exécution.
Quand la paix bute sur la puissance
Derrière cette mise en garde se cache une réalité plus profonde : la sécurité continue de dicter les choix politiques. Comme l’écrivait Raymond Aron, « les États vivent dans un univers où la sécurité demeure la préoccupation fondamentale ». Le discours américain traduit ainsi une pression équilibrée sur les deux capitales, tout en préservant son rôle de médiateur. Il révèle surtout que la méfiance demeure plus forte que les promesses.
Le verdict des faits
Cette intervention, prononcée à l’occasion du premier anniversaire de l’Accord de Washington, dépasse le simple exercice diplomatique. Elle constitue un avertissement adressé aux signataires et à la communauté internationale : sans actes concrets, les accords risquent de devenir des archives plutôt que des instruments de paix. Comme le rappelait Albert Londres, « notre métier n’est pas de faire plaisir, ni de faire du tort ; il est de porter la plume dans la plaie ». Dans l’Est de la RDC, la paix attend désormais davantage que des signatures : elle attend des preuves.
Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime
