
L’ONU recadre le débat
Le dernier rapport du Groupe d’experts des Nations unies sur la République démocratique du Congo, consulté par notre rédaction, apporte un éclairage décisif. Les experts affirment ne disposer d’aucune preuve permettant de conclure à un génocide ou à une campagne d’extermination ciblée contre les Banyamulenge dans l’est de la RDC. Cette conclusion fragilise un récit régulièrement porté par le Rwanda et l’AFC/M23. Surtout, elle replace le débat sur le terrain des faits vérifiés.
Aucune preuve d’attaques ciblées
Les experts indiquent qu’ils n’ont documenté aucun assassinat ciblé de civils banyamulenge.
« Selon plusieurs sources, les autorités gouvernementales, notamment le président congolais, Félix Tshisekedi, auraient donné pour consigne aux membres des Wazalendo de ne pas s’en prendre aux civils, en particulier aux Banyamulenge », précise le rapport.
Les enquêteurs ajoutent que les FARDC ont protégé les 31 familles banyamulenge encore présentes à Uvira. Cette mesure visait à garantir leur sécurité malgré les combats.
Le narratif du Rwanda et de l’AFC/M23 ébranlé
Depuis plusieurs mois, le Rwanda et l’AFC/M23 accusent les FARDC et l’armée burundaise de mener une campagne contre les Banyamulenge. Pourtant, le rapport souligne une autre réalité. Les civils des Hauts Plateaux ont subi les conséquences des hostilités. En revanche, les experts n’ont trouvé aucun élément prouvant qu’ils ont été visés en raison de leur appartenance communautaire.
Le document révèle également qu’avant son retrait d’Uvira, en janvier 2026, l’AFC/M23 avait demandé aux Banyamulenge de quitter la ville. Le mouvement affirmait qu’ils deviendraient des cibles après son départ. Selon les experts, cette décision a alimenté des allégations de menace génocidaire. Certains témoignages estiment même qu’elle pouvait renforcer cette perception.
Les faits avant les récits
Le rapport ne minimise ni les souffrances des populations civiles ni la gravité de la crise dans l’est de la RDC. Il rappelle toutefois qu’une accusation de génocide exige des preuves solides et vérifiables.
Comme le soulignait Hannah Arendt, « Les faits sont têtus. » Cette maxime résonne avec les conclusions des experts. Les enquêtes indépendantes ne corroborent pas les affirmations présentant comme établi un prétendu génocide des Banyamulenge. Dans un conflit marqué par la guerre de l’information, ce rapport rappelle une exigence fondamentale : seuls les faits établis peuvent fonder la vérité.
Didier BOFATSHI

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