
Le relais dans la tempête
Nommé gouverneur militaire de l’Ituri ce vendredi 5 juin 2026, le Général-Major Kasongo Mulumba Batoka Gaby hérite d’une province où la paix demeure un horizon lointain. Il succède au Général Luboya Kashama dans un contexte marqué par la persistance des violences armées, malgré plusieurs années d’état de siège. Derrière cette décision de Kinshasa se dessine une question centrale : le nouveau commandant pourra-t-il obtenir les résultats sécuritaires attendus là où tant d’efforts ont peiné à transformer durablement le terrain ?
Quand le commandement change de visage
Le remplacement de Luboya Kashama dépasse le simple cadre administratif. Il porte l’empreinte d’un réajustement stratégique. Face aux attaques répétées des groupes armés, notamment les ADF, le pouvoir central tente d’insuffler une nouvelle dynamique dans une province devenue le symbole des défis sécuritaires de l’Est congolais.
Cette nomination envoie également un message aux populations éprouvées : l’État n’entend pas abandonner le combat pour la restauration de son autorité.
L’ombre persistante des armes
Pourtant, changer d’homme ne signifie pas changer instantanément la réalité. Les racines de l’insécurité plongent dans des décennies de conflits armés, de fragilités institutionnelles et de violences récurrentes contre les civils.
Comme le rappelait Samuel Huntington : « L’ordre politique est le premier besoin des sociétés. » En Ituri, cette quête demeure inachevée.
Le verdict du terrain
La réussite de Kasongo Mulumba ne se mesurera ni aux cérémonies ni aux communiqués. Elle se lira dans la diminution des attaques, la protection des populations et le retour progressif de l’autorité de l’État.
La nomination du nouveau gouverneur militaire révèle implicitement la volonté de Kinshasa de relancer sa stratégie sécuritaire tout en reconnaissant les limites des résultats obtenus jusqu’ici. Entre espoir et scepticisme, l’Ituri attend désormais des actes.
« La paix n’est pas l’absence de guerre, mais la présence de la justice », écrivait Baruch Spinoza. Dans les collines meurtries de l’Ituri, cette vérité résonne avec une intensité particulière. Car au-delà des uniformes et des changements de commandement, c’est le destin d’une population entière qui demeure suspendu au verdict du terrain.
Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime