Constitution en RDC : Moïse Mbiye tourne casaque et rallie le camp C4, bascule d’influence dans le débat institutionnel

Un revirement qui fait vibrer les églises et la politique

Le pasteur et artiste gospel Moïse Mbiye a officiellement exprimé son adhésion au projet de révision ou de changement de la Constitution porté par la coalition C4, à l’issue d’un échange avec le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya. Longtemps critique de cette initiative et virulent envers certains leaders religieux engagés dans le débat, l’homme de Dieu affirme désormais vouloir accompagner les initiatives du chef de l’État Félix Tshisekedi en faveur du développement, de la sécurité et du bien-être social. Ce revirement reconfigure les lignes d’influence entre sphère religieuse et arène politique.

Du reproche à l’alliance

Hier encore, Moïse Mbiye dénonçait publiquement ce qu’il qualifiait de dérive de certains pasteurs impliqués dans les discussions sur la Constitution, fustigeant des débats menés « autour du vin et de la politique ». Aujourd’hui, il s’inscrit dans une dynamique d’accompagnement du projet constitutionnel défendu par le C4.

Le face-à-face qui a changé la donne

L’entretien avec Augustin Kabuya, décrit comme décisif, aurait permis d’« édifier l’esprit » du pasteur. Selon ses propres propos relayés, il a reçu des explications sur les enjeux de la révision constitutionnelle et sur la vision portée par la nouvelle plateforme politique.

Les églises, nouveau champ de bataille

Ce repositionnement intervient dans un climat déjà tendu au sein des Églises du réveil, où plusieurs figures religieuses se divisent entre soutien, neutralité et opposition au débat constitutionnel. La démarche d’Ejiba et de ses alliés continue de susciter controverses et fractures internes.

Influence et légitimité en jeu

Au-delà du cas Mbiye, c’est la capacité des acteurs religieux à peser sur les équilibres politiques qui se trouve relancée. Dans un pays où la parole pastorale est hautement influente, chaque prise de position devient un levier de légitimation ou de contestation.

La chaire et l’état face à face

Un analyste religieux résume la situation en ces termes : « Quand la chaire devient tribune politique, la foi se mêle inévitablement au pouvoir ». Et comme l’écrivait Alexis de Tocqueville, « Le pouvoir de l’esprit religieux est immense là où le politique hésite ». Entre convictions spirituelles et réalignements stratégiques, le débat constitutionnel gagne désormais un nouveau théâtre : celui des consciences et des foules.

Didier BOFATSHI

 

Jésus-Christ t’aime

 

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