
La voix du juste milieu dans la tempête politique
À Kinshasa, selon les informations rapportées par ouragan.cd, le leader du CONADE, Moïse Moni Della, appelle à dépasser la polarisation entre la Coalition Article 64 (C64) et la plateforme C4 autour du débat sur la Constitution. Dans un contexte de tensions institutionnelles et territoriales marquées par la crise sécuritaire à l’Est du pays, il propose une troisième voie : le « Camp de la Nation ». Une posture qu’il présente comme un espace de convergence patriotique, au-delà des camps politiques antagonistes, pour préserver l’unité nationale et éviter toute fracture irréversible du tissu étatique.
Entre deux feux politiques
D’un côté, la C64 exige des garanties démocratiques avant tout processus électoral. De l’autre, la C4 pousse à une révision constitutionnelle jugée urgente. Dans cet entre-deux inflammable, Moni Della refuse l’alignement et dénonce une logique de confrontation qui fragilise la cohésion nationale.
La nation comme ligne rouge
Pour le leader du CONADE, aucune option politique ne peut être envisagée sans tenir compte des zones sous occupation à l’Est. « Exclure une partie des Congolais du droit de vote, c’est ouvrir la porte à la balkanisation », alerte-t-il, évoquant une menace existentielle pour l’unité du pays.
Critique des radicalités croisées
Moni Della met en garde contre les positions extrêmes des deux blocs. Selon lui, accélérer une réforme constitutionnelle ou forcer un processus électoral incomplet reviendrait, dans les deux cas, à fragiliser davantage l’État. Il appelle à une lecture « patriotique et non partisane » de la crise.
La constitution, un outil et non un tabou
Sans rejeter l’idée de révision, il insiste sur le respect strict des mécanismes constitutionnels. « Une Constitution n’est ni la Bible ni le Coran », rappelle-t-il, soulignant qu’elle peut être adaptée, mais dans un cadre légal rigoureux et consensuel.
Le dialogue comme horizon
Au cœur de sa proposition, le dialogue national s’impose comme seule issue viable. Moni Della plaide pour des pourparlers inclusifs entre acteurs politiques afin de restaurer la confiance et éviter une fracture durable du pays.
Entre raison et survie nationale
Un analyste politique résume : « Dans les périodes de tension extrême, le centre devient souvent la dernière ligne de survie d’un État ».
Et comme l’écrivait Albert Einstein, « La paix ne peut être maintenue par la force, elle ne peut être atteinte que par la compréhension ».
Entre C64 et C4, le “Camp de la Nation” se veut ainsi une tentative de respiration politique dans un pays sous haute pression institutionnelle.
Didier BOFATSHI

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