RDC : La CENI sous pression, Aimé Boji exige des élections crédibles avant 2028

Le grand procès de la démocratie

Au Palais du Peuple à Kinshasa, la démocratie congolaise a de nouveau été placée sous les projecteurs. Le rapport annuel 2025 de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), présenté mercredi 27 mai 2026 par son président Denis Kadima Kazadi, a été déclaré recevable par l’Assemblée nationale. Le président de la chambre basse, Aimé Boji Sangara, attend désormais des recommandations capables de « rendre les élections plus crédibles » en République démocratique du Congo avant les échéances de 2028.

Les urnes au bord du gouffre

Derrière cette recevabilité parlementaire surgit une vérité plus rugueuse : le système électoral congolais demeure prisonnier de contraintes financières, logistiques et sécuritaires. Denis Kadima a reconnu que plusieurs scrutins locaux n’ont pas pu être organisés faute de financement, malgré l’enregistrement des candidatures et la publication du calendrier électoral.

« Nous comptons poursuivre ensemble la consolidation de notre démocratie », a insisté le président de la CENI, plaidant pour une responsabilité collective autour du processus électoral.

Le territoire-continent et ses vertiges

La CENI affirme avoir engagé des réformes visant à moderniser les élections, notamment par l’intégration progressive des innovations technologiques. Mais organiser des scrutins sur un « territoire-continent » relève d’une mécanique titanesque. Entre insécurité persistante, lenteurs budgétaires et défis administratifs, chaque élection devient une traversée d’orage. Montesquieu écrivait : « Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie. » En RDC, le suffrage semble surtout suspendu à la stabilité des institutions et à la volonté politique.

La démocratie sous respiration artificielle

Au cours des débats, plusieurs députés ont dénoncé l’attitude du gouvernement, accusé de ne soutenir la CENI qu’en période électorale avant de l’abandonner aux difficultés financières. Retards de paiement, manque de moyens et fragilité organisationnelle nourrissent les inquiétudes autour de 2028.

Dans cette bataille silencieuse, la crédibilité électorale dépasse la seule technique des urnes ; elle touche à la confiance nationale. Comme le rappelait Jean-Jacques Rousseau : « La souveraineté ne peut être représentée. » Encore faut-il que le peuple reconnaisse pleinement sa voix dans les élections censées l’incarner.

Didier BOFATSHI

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