Une soirée de plus dans la peur
À Beni, la commune de Mulekera a été le théâtre d’un nouvel épisode de violence armée dans la soirée du dimanche 10 au lundi 11 mai. Une femme, identifiée comme Katina Fazila, a été abattue par des hommes armés non identifiés sur l’avenue Kitsama.
Selon la société civile locale, les assaillants ont fait irruption dans la parcelle de la victime avant d’ouvrir le feu. Malgré une tentative d’évacuation vers une structure sanitaire, elle a succombé à ses blessures.
Des assaillants invisibles, une population exposée
Les auteurs de l’attaque, circulant à moto, ont pris la fuite immédiatement après leur forfait, selon les témoignages recueillis sur place. Aucun groupe n’a pour l’heure revendiqué l’assassinat, mais la population locale vit dans une atmosphère de peur récurrente face à des attaques souvent imprévisibles.
Pour Sabuni Joseph, cette attaque illustre une détérioration persistante du climat sécuritaire urbain et appelle à un renforcement urgent des dispositifs de protection dans la ville.
Une violence qui s’installe dans le quotidien
Ce nouvel assassinat s’ajoute à une série d’incidents violents qui affectent régulièrement les zones urbaines et périurbaines de Beni, où les habitants vivent sous la menace constante d’hommes armés, entre criminalité et insécurité diffuse.
Au-delà du fait divers, c’est la normalisation de la peur qui interroge : la ville fonctionne désormais au rythme d’alertes, de disparitions et d’attaques éclairs. Comme l’écrivait Hannah Arendt : « La violence peut détruire le pouvoir, mais elle ne peut jamais le remplacer. »
Une urgence sécuritaire persistante
À Beni, la question sécuritaire dépasse le cadre ponctuel des incidents. Elle révèle une fragilité structurelle où la protection des civils reste un défi quotidien pour les autorités locales.
Dans ce climat d’incertitude, chaque attaque ravive une même interrogation : comment restaurer durablement la sécurité dans une ville où l’insécurité semble désormais sans visage mais jamais absente ?

