Ituri en flammes : Les ADF frappent Makumo, au moins 9 morts dans une nuit de terreur

Makumo bascule dans l’horreur

Une nouvelle vague de violence ensanglante l’Ituri. Dimanche soir, des combattants attribués aux Forces démocratiques alliées (ADF) ont attaqué la localité de Makumo, sur la route nationale 44, dans le territoire de Mambasa, faisant au moins neuf morts, plusieurs blessés et d’importants dégâts matériels.

Selon des sources locales, les assaillants seraient partis de Makele avant de pénétrer dans la zone de Cepac central, semant la panique au cœur de la population. Des maisons ont été incendiées pendant l’incursion, tandis que des habitants fuyaient dans l’obscurité pour échapper aux attaques. « L’ennemi a opéré sans être inquiété dans la contrée de Makumo », a déclaré Gilbert Sivamwenda, évoquant un bilan encore provisoire.

La peur avale les villages

Au lendemain de l’attaque, Makumo se réveille dans un silence lourd. Plusieurs familles ont passé la nuit dehors, autour du feu ou à la belle étoile, craignant le retour des assaillants. Les activités économiques tournent au ralenti et des mouvements de population vers des zones jugées plus sûres sont signalés.

Cette attaque survient après plusieurs alertes faisant état de mouvements suspects des ADF sur l’axe Mantumbi-Makumo. Quelques heures plus tôt, une autre attaque à Makele avait déjà causé la mort d’une personne et fait un blessé.

L’Est congolais prisonnier des massacres

Entre Beni et Mambasa, les villages vivent désormais au rythme des incursions armées, des déplacements forcés et des deuils répétés. La semaine dernière encore, plus de vingt personnes ont été tuées à Biakato, dans la chefferie des Babila-Babombi.

Derrière chaque attaque, c’est toute la fragilité sécuritaire de l’Est congolais qui ressurgit. Malgré les opérations militaires et l’état de siège, les groupes armés continuent de frapper des populations civiles déjà épuisées par des années de conflit. Comme l’écrivait Albert Camus : « La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent. »

Une guerre qui s’installe dans les mémoires

L’attaque de Makumo ravive une psychose profonde dans cette région meurtrie. Chaque nuit devient une attente. Chaque bruit dans la forêt ressemble à une menace. À l’Est de la République Démocratique du Congo, la violence ne tue plus seulement des vies ; elle consume lentement la confiance, l’espoir et l’idée même de sécurité.

DBE

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