Le ballet des fauves
Selon l’information consultée sur RFI par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, le président Félix Tshisekedi est arrivé ce lundi 11 mai à Kampala pour la clôture de la commission permanente mixte RDC-Ouganda et l’investiture, prévue mardi, du président Yoweri Museveni. Derrière les sourires diplomatiques, Kinshasa verrouille un partenariat militaire et économique devenu vital dans l’Est congolais, malgré des tensions persistantes autour des groupes armés et des ambitions régionales.
Routes de feu
La RDC est désormais le premier débouché commercial de l’Ouganda. Plus de 962 millions de dollars d’exportations ougandaises ont traversé la frontière en 2024-2025. Trois axes routiers stratégiques, dont Mpondwe-Kasindi-Beni, redessinent déjà la carte économique des Grands Lacs. Six nouveaux accords doivent être signés dans le commerce, le transport et les télécommunications. « Les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts », rappelait Lord Palmerston. À Kampala, cette maxime résonne comme une détonation diplomatique.
Ombres armées
Depuis 2021, les armées congolaise et ougandaise combattent ensemble les ADF dans l’opération Shujaa. Mais les sorties fracassantes du général Muhoozi Kainerugaba contre les wazalendos ont ravivé les braises d’une méfiance ancienne. Kinshasa avance pourtant sans rompre. Pragmatique. Pressée. Presque contrainte.
Le grand échiquier
À travers cette visite, la RDC envoie un message clair : l’Ouganda reste un pilier stratégique face aux recompositions régionales impliquant Kigali et Washington autour des minerais critiques. « La politique internationale est une lutte pour la puissance », écrivait Hans Morgenthau. Dans les Grands Lacs, les routes deviennent des frontières mouvantes, les alliances des équilibres précaires.
Et sous les projecteurs de Kampala, l’histoire africaine rappelle encore cette phrase de Chinua Achebe : « Tant que les lions n’auront pas leurs historiens, les récits de chasse glorifieront toujours les chasseurs. »

