Un séisme institutionnel à Matadi
À Kongo-Central, la tension monte au sommet de l’exécutif provincial. Le Parquet général près la Cour des comptes de la RDC a engagé des poursuites contre le gouverneur Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo et son ministre des Finances Jos Luyeye Ndokolo pour « gestion de fait », une infraction liée à l’utilisation irrégulière des fonds publics.
La notification officielle remonte au 7 mai 2026 et marque l’ouverture d’une procédure judiciaire qui secoue la gouvernance provinciale.
Des finances publiques sous examen
Selon la Cour des comptes, des irrégularités auraient été constatées dans l’exécution du budget provincial, notamment dans le maniement des deniers publics en dehors des règles de la comptabilité publique.
Le dossier a été transmis à la Chambre des comptes déconcentrée de Kinshasa, où les deux responsables devront être entendus dans les prochains jours. L’affaire s’inscrit dans une série de contrôles renforcés sur la gestion des finances publiques au niveau provincial.
Une chaîne de procédures déjà enclenchée
Les poursuites judiciaires viennent s’ajouter à une interpellation déjà votée par l’Assemblée provinciale, ainsi qu’à un réquisitoire de la Cour de cassation en cours d’examen par une commission spéciale.
Ce cumul de procédures illustre une montée en intensité du contrôle institutionnel sur les exécutifs provinciaux, dans un contexte de lutte affichée contre la mauvaise gouvernance.
Le droit face à la gestion politique
Au-delà du cas individuel, l’affaire pose une question centrale : celle de la responsabilité des gestionnaires publics dans un système où les frontières entre politique et finances restent parfois poreuses. Comme le rappelait Montesquieu : « C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser. »
Une épreuve pour la gouvernance provinciale
En cas de culpabilité, les deux responsables encourent des sanctions lourdes : amendes, remboursement des fonds concernés et possible inéligibilité. L’affaire pourrait ainsi redessiner les équilibres politiques dans la province.
Dans les couloirs administratifs de Matadi, cette procédure résonne déjà comme un test de crédibilité pour les institutions provinciales, entre exigence de transparence et fragilité des pratiques de gestion publique.
Didier BOFATSHI
Actua30/VFI7, voltefaceinfos7.com
