
Photo d’illustrationDeux vies fauchées sur le chemin du secours
Deux volontaires de la Croix-Rouge de la République démocratique du Congo ont été tués le 16 juin 2026 dans le territoire de Walungu, au Sud-Kivu, alors qu’ils participaient à une mission de supervision de travaux d’adduction d’eau potable dans le village de Kakumba. Selon les informations rapportées par Radio Okapi.net, les humanitaires auraient été pris pour cible par des hommes armés malgré le port visible de l’emblème de la Croix-Rouge.
Ce drame porte une nouvelle cicatrice sur une région déjà meurtrie par les violences armées. Il rappelle une réalité alarmante : même ceux qui viennent sauver des vies deviennent parfois des victimes au cœur des crises.
L’emblème rouge, symbole piétiné
La Croix-Rouge RDC a dénoncé une grave violation des principes humanitaires internationaux. Son président national, Edgard Mateso, a condamné un acte qui expose davantage les dangers auxquels sont confrontés les acteurs humanitaires dans l’Est du pays.
Le droit international humanitaire impose pourtant une obligation fondamentale : protéger les personnels humanitaires, les structures médicales et les missions d’assistance destinées aux populations civiles. L’attaque contre des volontaires clairement identifiés constitue une atteinte directe à l’esprit des Conventions de Genève, qui placent la protection de l’être humain au centre des conflits.
Comme l’écrivait le juriste Jean Pictet, figure majeure du droit humanitaire : « le principe d’humanité exige de préserver ceux qui ne participent pas aux hostilités ».
Quand aider devient un risque mortel
Cette attaque ne représente pas seulement la perte tragique de deux vies. Elle fragilise aussi la capacité des organisations humanitaires à atteindre les populations vulnérables. Chaque attaque contre un secouriste crée une onde de choc : elle réduit l’espace humanitaire et menace la continuité de l’aide.
La Croix-Rouge affirme que six humanitaires ont déjà perdu la vie dans l’Est de la RDC depuis le début de l’année 2026. Face à cette situation, l’organisation appelle au renforcement de la protection des travailleurs humanitaires opérant dans les zones à haut risque.
Le silence des victimes interpelle le monde
Derrière chaque gilet humanitaire se trouve une mission : apporter de l’eau, des soins, un secours, une présence humaine là où la violence impose le vide. La mort de ces volontaires pose une question essentielle : comment protéger ceux qui protègent les civils ?
Comme le rappelait Kofi Annan, « nous ne pouvons pas construire la paix sans protéger ceux qui travaillent pour elle ».
À Walungu, deux humanitaires sont tombés, mais leur engagement rappelle une vérité universelle : dans les zones de guerre, défendre la vie commence par défendre ceux qui la sauvent.
Didier BOFATSHI

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