Le silence avant la parole

À Kinshasa, hier jeudi 18 juin, une rencontre discrète a pris les allures d’un moment charnière. Alors que le débat sur une éventuelle révision de la Constitution continue de fracturer la classe politique congolaise, la CENCO a reçu Delly Sesanga dans le cadre de ses consultations extraordinaires consacrées à l’avenir institutionnel du pays.

Avant de dévoiler sa position officielle, l’Église catholique a choisi d’écouter. Une démarche qui traduit la volonté des évêques de recueillir les voix de toutes les sensibilités politiques afin d’éclairer leur discernement sur une question qui touche au cœur même du pacte républicain.

Quand les cloches interrogent la République

Face aux évêques, le président du parti Envol a exposé « la vision de son parti » ainsi que ses préoccupations concernant « l’avenir institutionnel du pays ». À l’issue des échanges, il a affirmé avoir présenté « sa lecture de la situation » et insisté sur « la nécessité d’une réflexion responsable et respectueuse des principes démocratiques ».

Ces propos résonnent dans un contexte où chaque mot lié à la Constitution porte le poids de l’histoire. Comme le rappelait Montesquieu : « Tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser. » Derrière le débat juridique surgit ainsi une interrogation plus profonde sur les garanties démocratiques et l’équilibre des institutions.

L’Église au carrefour de la foi et du bien commun

En choisissant la voie de l’écoute avant celle de la déclaration, la CENCO réaffirme son rôle historique de conscience morale de la nation. La consultation apparaît comme un exercice de discernement, cette tradition chrétienne qui consiste à rechercher ce qui sert véritablement le bien commun.

La démarche rappelle les paroles du pape François : « La politique est une des formes les plus élevées de la charité lorsqu’elle est au service du bien commun. » Dans cette perspective, le débat constitutionnel dépasse les intérêts partisans pour devenir une question de responsabilité collective.

Le souffle d’un choix historique

Au-delà de la rencontre, c’est la confiance entre les citoyens et les institutions qui se joue. La future position de la CENCO est attendue comme une parole susceptible d’éclairer un débat devenu central pour l’avenir de la République.Jé

Car une Constitution n’est pas seulement un texte. Elle est la mémoire des luttes passées et la promesse des générations futures.

« Un État qui n’est pas fondé sur la justice n’est qu’une grande bande de brigands », écrivait saint Augustin. Dans une RDC confrontée aux défis de la cohésion nationale et de la stabilité institutionnelle, cette réflexion demeure d’une brûlante actualité.

Et tandis que les évêques poursuivent leur discernement, une évidence s’impose : les nations se construisent moins par la force des ambitions que par la sagesse des principes. Comme l’affirmait Alexis de Tocqueville, « les institutions libres ne peuvent se maintenir sans mœurs démocratiques ». C’est désormais à l’histoire d’écrire la suite.

Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

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