Le temps du discernement

KINSHASA, 18 juin.  Alors que le débat sur la révision de la Constitution continue d’agiter la scène politique congolaise, la CENCO choisit une voie rarement empruntée dans les périodes de tension : celle de l’écoute. Réunis en session extraordinaire, les évêques multiplient les consultations auprès des acteurs politiques et sociaux avant de rendre leur position officielle sur un dossier qui touche au cœur des institutions de la République.

« Les évêques ont choisi une démarche inclusive », souligne l’Église catholique. L’objectif affiché est clair : recueillir les différentes sensibilités afin de disposer d’une vision globale du débat constitutionnel.

Quand les cloches cherchent la concorde

Derrière cette méthode se dessine une volonté de conciliation. Dans un paysage politique fragmenté, la CENCO refuse les raccourcis. Elle entend construire une appréciation fondée sur « les différentes opinions exprimées ».

Cette posture rappelle la pensée du philosophe Paul Ricœur : « La démocratie n’est pas le règne de l’unanimité, mais l’organisation pacifique des désaccords. » Autrement dit, écouter devient ici un acte politique autant qu’un devoir moral.

Au chevet du pacte républicain

Le débat reste vif. Certains acteurs défendent une réforme du texte fondamental. D’autres alertent sur les risques d’instabilité politique. Entre ces deux rives, l’Église tente d’ériger un pont.

Au-delà des divergences, la question renvoie à la préservation du bien commun, à la stabilité institutionnelle et à la cohésion nationale. « Écoute avec l’oreille de ton cœur », enseignait saint Benoît. Cette maxime semble inspirer la démarche actuelle des évêques.

Une parole attendue

La future position de la CENCO est désormais scrutée avec attention. Mais déjà, sa méthode envoie un message fort : aucune réforme durable ne peut prospérer sans dialogue.

« La paix n’est pas l’absence de conflit, mais la capacité de le gérer », écrivait Ronald Reagan. Dans une RDC en quête de stabilité, cette réflexion résonne comme un avertissement et une espérance.

Car au bout du compte, les constitutions passent, mais la confiance demeure le véritable ciment des nations. Et comme le rappelait Alexis de Tocqueville, « les institutions libres ne peuvent se maintenir sans mœurs démocratiques ».

Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *