RDC : Tshisekedi verrouille les minerais stratégiques, l’État reprend la main sur son trésor souterrain

Réuni sous la présidence de Félix-Antoine Tshisekedi, le Conseil des ministres a adopté deux décrets majeurs visant à restructurer la gestion des minerais stratégiques. Portés par le ministre des Mines, ces textes instituent une réserve stratégique nationale et réforment ARECOMS. Objectif : stabiliser les marchés, renforcer la souveraineté économique et optimiser la valorisation des ressources dans un contexte mondial dominé par la transition énergétique.

Trésor sous verrou

Le premier décret acte la création d’une réserve stratégique des substances minérales. Une décision qui transforme les ressources du sous-sol en instrument de puissance. Le gouvernement entend « stabiliser les marchés » et se prémunir contre les fluctuations brutales des prix. Dans un monde où les minerais dictent les équilibres, la RDC choisit de ne plus subir, mais d’anticiper.

Marchés sous tension

Ces ressources, essentielles aux industries technologiques et énergétiques, placent le pays au cœur des convoitises globales. Le ministre évoque la nécessité de « tirer un meilleur profit des ressources minières ». Derrière cette formule, une réalité : la bataille des minerais est aussi une bataille de valeur ajoutée, où l’exportation brute cède progressivement la place à la transformation locale.

Gendarme renforcé

Le second décret modifie le cadre légal de ARECOMS. L’institution voit ses missions élargies, notamment pour gérer la nouvelle réserve stratégique. L’État renforce ainsi son bras régulateur, cherchant à imposer transparence et contrôle dans un secteur historiquement exposé aux dérives.

Souveraineté en fusion

Adoptés à l’unanimité, ces textes traduisent une ambition claire : faire du secteur minier un levier de souveraineté économique. À l’ère de la transition énergétique, la RDC ne veut plus être simple pourvoyeuse de matières premières, mais acteur structurant des chaînes de valeur mondiales.

Comme le soulignait Jean-Baptiste Colbert : « Le commerce est la source de la finance, et la finance est le nerf de la guerre ». En verrouillant ses minerais stratégiques, la RDC redéfinit son rapport à la richesse : maîtriser ses ressources pour maîtriser son destin. Dans les profondeurs du sol congolais, c’est désormais une souveraineté qui se forge, lente, dense et décisive.

Didier BOFATSHI / VFI7, voltefaceinfos7.com

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