RDC-Journée nationale de l’enseignement : « Les réformes éducatives deviennent le moteur du développement », affirme la ministre de l’ESURSI

Kinshasa mise sur l’université comme levier stratégique du futur

Kinshasa, 30 avril 2026. À l’occasion de la Journée nationale de l’enseignement en République démocratique du Congo République démocratique du Congo, la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations (ESURSI) Ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire (RDC), la professeure Dr Marie-Thérèse Sombo, a annoncé l’engagement du gouvernement dans une série de réformes structurantes destinées à transformer le système éducatif en véritable levier de développement national.

Selon des propos rapportés par l’ACP et consultés par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, ces réformes s’inscrivent dans la vision présidentielle de modernisation de l’enseignement et de la recherche scientifique.

L’éducation élevée au rang de stratégie nationale

La ministre inscrit son message dans une lecture politique et symbolique forte de l’enseignement. « L’enseignant congolais ne ménage aucun effort pour assurer à notre République la formation d’une jeunesse capable de relever le défi de son destin », déclare-t-elle, comparant l’enseignant à une bougie qui éclaire en se consumant. Elle salue également la vision du chef de l’État, qu’elle présente comme structurante pour le secteur éducatif.

Dans cette perspective, l’enseignement supérieur est conçu non seulement comme un espace académique, mais comme un pilier du développement économique et social. Cette approche rejoint la pensée du sociologue Émile Durkheim, pour qui l’éducation est un instrument central de cohésion et de structuration des sociétés modernes.

Des réformes techniques au cœur du système universitaire

Au centre de cette stratégie figurent plusieurs réformes majeures.

La ministre cite notamment :

  • la consolidation du système LMD (Licence-Master-Doctorat)
  • la création et organisation des écoles doctorales
  • le lancement d’un portail numérique national
  • la redynamisation de la bibliothèque numérique nationale
  • l’instauration d’un identifiant unique pour chaque étudiant

Ces mesures visent à moderniser la gouvernance universitaire et à renforcer la traçabilité du parcours académique. « Il s’agit de bâtir un système plus transparent, plus efficace et mieux connecté aux standards internationaux », laisse entendre la ministre.

Le philosophe John Dewey rappelait que l’éducation doit évoluer avec la société. Ces réformes s’inscrivent précisément dans cette logique d’adaptation structurelle.

Une solidarité affichée envers les zones en conflit

Au-delà des réformes techniques, la ministre a également évoqué la situation des enseignants dans l’est du pays, confrontés à l’insécurité et aux violences armées. Elle rend hommage à leur engagement dans des conditions difficiles, affirmant que l’enseignement reste une forme de résistance pacifique. « L’enseignement est une arme de paix, un rempart contre l’ignorance et un chemin vers la liberté », souligne-t-elle.

Cette dimension humanitaire du discours inscrit l’éducation dans une logique de résilience nationale. Le philosophe Paulo Freire considérait l’éducation comme un acte de libération. Une idée qui résonne fortement dans ce contexte de conflit.

Mémoire académique et hommage aux bâtisseurs du savoir

La ministre a également rendu hommage à plusieurs professeurs d’universités disparus, saluant leur contribution à la formation intellectuelle du pays. Elle a cité notamment des figures académiques majeures du système universitaire congolais, rappelant leur rôle dans la construction du savoir national.

Elle a également associé à cet hommage le personnel administratif, les étudiants, les parents et les partenaires éducatifs. « L’université est une œuvre collective qui ne survit que par la continuité de ses bâtisseurs », insiste-t-elle. Cette vision rejoint la réflexion de Pierre Bourdieu sur la transmission du capital culturel comme fondement des sociétés.

L’éducation comme pari de transformation nationale

À travers ce message, le gouvernement congolais affirme sa volonté de faire de l’enseignement supérieur un moteur de transformation structurelle. Entre modernisation technologique, réforme institutionnelle et reconnaissance des acteurs du système, la stratégie affichée vise à repositionner l’université au cœur du développement national.

« Une nation ne se développe pas au hasard, elle se construit dans ses écoles et ses universités », résume le discours ministériel. Et dans cette perspective, une dernière lecture s’impose, empruntée à Albert Camus : « La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent. » Une maxime qui résume l’ambition portée par ces réformes éducatives.

Didier BOFATSHI

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *