RDC : Soldats suspendus dans le silence d’un transfert impossible

En République Démocratique du Congo, un dossier hautement sensible cristallise les tensions entre Kinshasa et l’AFC/M23 : le sort d’environ 2 700 à 5 000 militaires des FARDC annoncés comme libérés mais toujours non transférés. Prévu sous l’égide du Comité international de la Croix-Rouge, le processus demeure gelé à la date du 8 avril 2026, sur fond de méfiance sécuritaire, d’accusations d’infiltration et d’obstacles logistiques. Une médiation qatarienne tente de relancer une mécanique humanitaire et politique enrayée.

Chiffres en brume

Ils sont des milliers, mais leur nombre vacille comme une vérité de guerre. Entre 2 700 et 5 000 soldats, selon les sources, pris dans les interstices d’une guerre qui ne nomme plus ses prisonniers. « Les données restent non consolidées », glisse une source militaire congolaise, dans une prudence calculée.

Couloirs verrouillés

Le CICR se tient prêt, bras ouverts, mais les portes du transfert restent closes. L’humanitaire attend l’ordre, suspendu à des validations politiques encore inexistantes. Le corridor promis n’est, pour l’instant, qu’un tracé sur papier.

Méfiance souveraine

À Kinshasa, la confiance s’effrite. Certains responsables évoquent une hypothèse sensible : infiltration déguisée sous couvert de rapatriement. « Tout doit être vérifié, ligne par ligne, homme par homme », confie un conseiller gouvernemental.

Poids des corps retenus

Sur le terrain, l’AFC/M23 garde sous sa responsabilité ces hommes devenus charge logistique et enjeu politique. Une tension silencieuse s’installe entre contrainte matérielle et calcul stratégique.

Dans l’attente figée, un diplomate résume la gravité du moment : « Sans confiance, aucun accord ne traverse la poussière des armes ». Et Camus de résonner en écho : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ». Ici, même les soldats semblent suspendus entre deux vérités qui ne se parlent plus.

Didier BOFATSHI

RFI / VF7, voltefaceinfo2s7.com

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