RDC : Finances en marche, promesse de routes et d’espoir sous la voûte parlementaire

 

À Kinshasa, le 8 avril 2026, l’Assemblée nationale a déclaré recevables deux projets de loi de financement majeurs destinés à soutenir la relance économique et le désenclavement rural de la République démocratique du Congo. Présentés par le ministre des Finances Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, ces textes portent sur la ratification d’accords de prêt estimés à environ 150 millions de dollars américains, mobilisés avec des partenaires internationaux dont la Banque arabe pour le développement économique en Afrique, le FIDA et le Fonds de l’OPEP pour le développement international. Ils visent la réhabilitation d’infrastructures routières, le soutien à l’agriculture et la création d’emplois à travers deux programmes structurants, actuellement transmis à une commission mixte pour examen approfondi.

Routes arrachées à l’oubli

Dans les provinces du Maniema, de la Lomami et des deux Kasaï, la promesse prend la forme de bitume et de pistes réhabilitées. Près de 1 000 kilomètres de routes rurales sont annoncés, comme des veines rouvertes dans un territoire longtemps fragmenté. « Le désenclavement est la première forme de dignité économique », a insisté un député lors des débats.

L’agriculture comme souffle

Le Programme d’Appui au Développement Rural Inclusif et Résilient (PADRIR), doté de 70 millions de dollars, veut transformer la terre en levier de survie. Manioc, maïs, café, cacao : les cultures deviennent matrices de relance. Une logique résumée par le ministre : « Investir dans le rural, c’est investir dans la stabilité nationale ».

Jeunesse en incubation

Avec 16 millions de dollars, le Projet d’Implantation des Incubateurs des PME Agricoles (PIIPME) trace une autre trajectoire : celle des jeunes entrepreneurs. Huit incubateurs doivent émerger dans plusieurs provinces, du Tanganyika au Kongo Central. Une députée a salué « une économie qui cesse enfin de naître à l’état brut ».

Parlement en accélération contrôlée

L’hémicycle a choisi la voie de la recevabilité, ouvrant la porte à une analyse approfondie en commission mixte. Entre prudence technique et urgence politique, les élus avancent sur une ligne fine : celle qui sépare promesse budgétaire et exécution réelle.

Dans une salle vibrante d’arguments et de projections, un élu a résumé l’enjeu : « Sans financement, la vision reste un discours ». Et Victor Hugo de résonner comme un écho lointain mais lucide : « Celui qui ouvre une école ferme une prison ». Ici, peut-être, celui qui finance une route ouvre un avenir.

Didier BOFATSHI / VF7, voltefaceonfos7.com

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