À l’ouverture de la session parlementaire de septembre, Aimé Boji Sangara défend un dialogue national distinct des négociations sécuritaires menées avec l’AFC/M23 à Doha.

Kinshasa, 18 septembre 2026. Le débat sur l’inclusivité du dialogue national prend une nouvelle dimension en République démocratique du Congo. Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a rejeté la participation de l’AFC/M23 à ces assises. Il estime que le dialogue politique interne ne peut devenir un cadre de légitimation de la lutte armée.

Boji distingue dialogue politique et conflit armé

Lors de l’ouverture de la session parlementaire de septembre, Aimé Boji a posé une distinction entre les acteurs politiques et les groupes engagés dans la lutte armée.

« Peut-il y avoir un dialogue véritable lorsque, autour de la table, certains viennent les mains nues, avec pour seules armes leur conviction et leur amour de la patrie, tandis que d’autres gardent encore le doigt sur la gâchette et la main sur la goupille ? », a-t-il déclaré.

Le président de l’Assemblée nationale a également affirmé que « le dialogue ne saurait être un moyen de légitimer la violence ou de récompenser ceux qui prennent les armes contre la République ».

Doha pour la sécurité, Kinshasa pour la cohésion

Cette position reprend la séparation déjà établie par Félix Tshisekedi. Le chef de l’État a exclu du dialogue national les acteurs qui combattent par les armes, occupent des territoires ou agissent, selon lui, au service d’une puissance étrangère. Dans le cadre actuel, cette définition exclut l’AFC/M23.

Les discussions avec l’AFC/M23 restent, elles, inscrites dans le processus de Doha. Le dialogue national doit principalement traiter les questions liées à la cohésion nationale et aux enjeux politiques internes.

Une conception de l’inclusivité contestée

Cette architecture ne fait cependant pas l’unanimité. Une partie de l’opposition estime qu’un règlement durable de la crise devrait associer l’ensemble des protagonistes du conflit. Ensemble pour la République a notamment défendu une approche incluant les acteurs armés dans le processus de paix.

Le désaccord porte donc moins sur la nécessité d’un dialogue que sur son périmètre, ses participants et son articulation avec les négociations sécuritaires.

Nelson Mandela rappelait : « Il ne peut y avoir de paix sans pardon. » Cette réflexion éclaire une difficulté centrale du processus congolais : construire la paix suppose de définir à la fois les conditions du dialogue, les responsabilités liées au conflit et les mécanismes permettant une éventuelle réintégration politique ou institutionnelle.

Pour Kinshasa, la question demeure désormais de savoir jusqu’où pourra aller le dialogue national sans empiéter sur les négociations de Doha. Et surtout, quelles garanties permettront de transformer ces deux processus distincts en une stratégie cohérente de sortie de crise ?

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