À Tshikapa, le maire invoque le délai de notification pour interdire la mobilisation prévue par la C64 ce 15 septembre.
La marche de la Coalition Article 64 prévue ce mardi 15 septembre à Tshikapa n’a pas été autorisée. Selon l’hôtel de ville, les organisateurs n’ont pas respecté le délai de notification de 48 heures. Le maire estime que ce retard ne permettait plus aux services de sécurité de préparer l’encadrement de la manifestation.
Le délai de 48 heures au cœur de la décision
La décision émane du maire de Tshikapa, Jean-Pierre Ntumba Kashala, qui exerce les fonctions de maire intérimaire. Dans une correspondance adressée aux organisateurs, il affirme que leur lettre d’information n’a pas été déposée dans le délai requis.
« Après examen, nous constatons que cette lettre d’information n’a pas été introduite dans le délai de 48 heures requis avant la date prévue pour la manifestation. Cela étant, nos services de sécurité ne disposent pas du temps nécessaire pour prendre les mesures appropriées afin d’assurer la sécurisation, l’encadrement et le maintien de l’ordre public pendant ladite marche. Par conséquent, nous interdisons la tenue de cette marche », indique la correspondance.
Le maire a demandé au commissaire urbain de la Police nationale congolaise d’appliquer cette mesure. Il précise que son exécution « ne doit souffrir d’aucune faille ».
Une décision qui intervient dans un contexte national
L’interdiction intervient alors que la C64 et plusieurs formations de l’opposition ont appelé à manifester ce 15 septembre dans plusieurs villes de la RDC.
Le mouvement conteste notamment toute initiative visant à modifier la Constitution. À Tshikapa, le débat se déplace donc du fond politique de la mobilisation vers sa régularité administrative et son encadrement sécuritaire.
La distinction est essentielle. L’interdiction de la marche à Tshikapa ne signifie pas, à elle seule, que la contestation portée par la C64 disparaît. Elle signifie que l’autorité locale considère les conditions de son organisation comme incompatibles avec les exigences d’encadrement retenues.
Le droit de manifester face à l’ordre public
John Stuart Mill écrivait que « celui qui connaît seulement sa propre version de l’affaire ne connaît pas grand-chose ». La formule rappelle l’importance du contradictoire dans toute question publique.
Dans ce cas précis, l’autorité avance un motif administratif et sécuritaire. Les organisateurs peuvent, de leur côté, considérer que cette justification limite leur liberté de manifestation. La portée réelle de la décision dépendra donc aussi de la manière dont les règles de notification sont appliquées et contrôlées.
Le principal enjeu dépasse ainsi Tshikapa. Il concerne l’équilibre entre liberté de manifestation, respect des procédures et responsabilité des autorités dans le maintien de l’ordre.
La question demeure : comment garantir le droit de manifester tout en donnant aux autorités le temps nécessaire pour assurer la sécurité publique ?
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ACP / VFI7

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