La coalition d’opposition conteste les conditions d’encadrement de sa manifestation et demande que les responsabilités soient établies.
Kinshasa, 18 septembre 2026. La Coalition Article 64 (C64) revient sur les violences qui ont marqué sa marche du 15 septembre à Kinshasa. Dans un communiqué, la plateforme d’opposition conteste les conditions dans lesquelles la manifestation a été encadrée et demande qu’une enquête permette d’établir les responsabilités des différents acteurs impliqués.
Un itinéraire réaménagé avant la marche
La manifestation avait fait l’objet de discussions entre la C64 et les autorités de Kinshasa. À l’issue des échanges avec l’Hôtel de ville, le point de chute initialement prévu au Palais du Peuple avait été déplacé vers le siège de l’ECiDé. Les autorités provinciales avaient alors indiqué que la police, l’armée et les services concernés prendraient les dispositions nécessaires pour assurer un encadrement pacifique.
Le 15 septembre, la mobilisation a toutefois été marquée par des affrontements et des dispersions. Radio Okapi rapporte que plusieurs rassemblements ont été empêchés ou dispersés dans différentes villes, tandis qu’à Kinshasa des incidents ont été signalés notamment dans la commune de Limete.
La C64 dénonce un « guet-apens »
Dans son communiqué, la coalition affirme que ses militants seraient tombés dans un « guet-apens » qu’elle attribue au pouvoir et à plusieurs éléments des forces de sécurité ainsi qu’à la « Force du progrès ».
Ces accusations doivent toutefois être distinguées des faits établis. Martin Fayulu avait également parlé de « guet-apens » le jour de la manifestation, en mettant en cause le dispositif sécuritaire et des membres présumés de la Force du progrès.
La C64 réclame désormais que « toute la lumière soit faite » sur les événements et que les responsabilités soient déterminées. Cette demande ouvre la question d’une éventuelle enquête indépendante permettant de confronter les différentes versions des faits.
L’enjeu : établir les responsabilités
La controverse dépasse désormais le seul déroulement de la marche. Elle porte sur les conditions d’exercice de la liberté de manifestation, le rôle des forces chargées de l’encadrement et la responsabilité éventuelle des autres acteurs présents sur le terrain.
John Stuart Mill écrivait : « Celui qui ne connaît que sa propre version de l’affaire ne connaît pas grand-chose. » Cette réflexion prend ici tout son sens : dans un épisode marqué par des récits contradictoires, l’établissement des faits suppose de confronter les témoignages, les images disponibles et les responsabilités institutionnelles.
La question reste donc ouverte : une enquête indépendante permettra-t-elle d’établir précisément ce qui s’est passé et la responsabilité de chacun lors de la marche du 15 septembre ?
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