La création du comité d’organisation relance le débat sur la neutralité du processus appelé à préparer le dialogue national.
La création du comité chargé de préparer le dialogue national provoque déjà une réaction de l’opposition. Selon Sauvons la RDC, la forte implication de Félix Tshisekedi compromettrait l’inclusivité du processus. L’ordonnance présidentielle prévoit pourtant une première étape avant la création de la commission préparatoire.
Un comité avant la commission préparatoire
Félix Tshisekedi a créé dimanche, par ordonnance présidentielle, un comité chargé de préparer les conditions du « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État ».
Cette structure ne constitue pas encore la commission préparatoire. Elle doit organiser les consultations préalables, identifier les besoins du processus et préparer sa mise en place.
Le président désigne ses responsables et peut mettre fin à leurs fonctions. Il peut aussi intégrer d’autres personnalités. Un secrétariat technique de onze experts doit préparer notamment les termes de référence et la feuille de route.
« Tout » dépendrait du chef de l’État
Cette architecture inquiète Sauvons la RDC, platefo2rme liée à l’ancien président Joseph Kabila. Dans son communiqué, elle estime que « Du début à la fin du processus, du choix des membres du Comité d’organisation au sort ultime des résolutions issues de ce pseudo dialogue, tout, absolument tout est soumis à sa volonté et relève de son seul pouvoir discrétionnaire ».
La plateforme dénonce ainsi une « conception absolutiste du pouvoir ». Elle affirme que le dialogue devrait reposer sur un arbitre neutre et considère « l’Article 64 de la Constitution » comme « la seule option pour le salut de la RDC ».
Ces accusations relèvent de la position politique de Sauvons la RDC. Elles ne constituent pas, à ce stade, une conclusion établie sur le fonctionnement futur du dialogue.
La neutralité devient l’enjeu central
John Rawls écrivait que « la justice est la première vertu des institutions sociales ». Cette pensée éclaire l’enjeu du processus : un dialogue destiné à restaurer la cohésion doit aussi inspirer confiance à ceux qui y participent.
La question dépasse donc la composition d’un comité. Elle porte sur la crédibilité de l’arbitrage. Si une partie des acteurs estime que le pouvoir organise lui-même les conditions de sa propre concertation, le dialogue risque de commencer avec un déficit de confiance.
Le recours éventuel à l’Église catholique comme médiateur pourrait répondre à cette demande de neutralité. Mais rien, dans les éléments disponibles, ne permet encore d’établir qu’un tel dispositif a été officiellement retenu.
Le comité doit désormais transformer une annonce politique en mécanisme opérationnel. Sa composition, ses consultations et les garanties offertes aux différentes forces politiques permettront de mesurer si le dialogue peut dépasser le simple cadre institutionnel pour devenir un véritable espace de compromis.
Le défi est posé : comment construire un dialogue national crédible lorsque son processus de préparation fait déjà l’objet d’une contestation ?
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Actualite.cd / VFI7

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