Après la mobilisation du 15 septembre, le secrétaire général de l’UDPS met en doute la capacité de l’opposition à mobiliser largement.

Kinshasa, 18 septembre 2026. La bataille politique se poursuit après la marche organisée mardi par la Coalition de l’article 64 (C64) contre le changement de la Constitution. Augustin Kabuya conteste l’ampleur de la mobilisation. Le secrétaire général de l’UDPS affirme que l’opposition n’a pas réussi à rassembler autant qu’elle l’annonçait.

Augustin Kabuya : « La police a été plus nombreuse »

Lors d’une causerie morale au siège de l’UDPS, jeudi, Augustin Kabuya a livré sa lecture de la manifestation. Selon lui, la mobilisation de l’opposition serait restée limitée.

« La police a été plus nombreuse que les manifestants », a-t-il déclaré. Il a également jugé l’opposition « incapable de mobiliser ».

Ces propos constituent une appréciation politique. Les sources disponibles ne permettent pas d’établir indépendamment un décompte comparatif entre policiers et manifestants. La C64 avait, de son côté, présenté la marche comme une mobilisation contre toute initiative de changement ou de révision de la Constitution.

Une bataille autour de la rue

Au-delà du nombre de participants, la déclaration révèle un autre enjeu : la capacité des camps politiques à mesurer leur implantation dans l’opinion.

La rue devient ainsi un espace de démonstration politique. Pour l’opposition, elle doit traduire une capacité de mobilisation. Pour le pouvoir, son ampleur permet aussi d’en relativiser la portée.

Hannah Arendt écrivait : « Le pouvoir correspond à l’aptitude de l’homme à agir de concert. » Cette pensée éclaire le débat sans trancher la querelle politique. Une manifestation mesure une capacité de rassemblement à un moment donné. Elle ne suffit pas, à elle seule, à établir le poids politique durable d’une organisation.

Le prochain test annoncé par l’UDPS

Cette confrontation du récit pourrait se prolonger rapidement. Selon les informations rapportées après la marche, l’UDPS prévoit une manifestation le 22 septembre, notamment pour soutenir les institutions et les orientations défendues par le pouvoir.

L’enjeu sera alors moins le commentaire d’un camp sur l’autre que la réalité observable sur le terrain. Combien de personnes participeront ? Dans quelles conditions ? Avec quel encadrement ? Et quelle lecture les différents acteurs feront-ils des résultats ?

La séquence politique congolaise entre ainsi dans une phase où la capacité de mobilisation devient elle-même un instrument de légitimation politique. La prochaine manifestation permettra-t-elle de départager les récits concurrents sur la force réelle des mobilisations ?

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Source principale : déclaration d’Augustin Kabuya rapportée le 17 septembre 2026.

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