RDC : Conclave de l’opposition en exil, la riposte frontale de “Sauvons la RDC” contre le pouvoir de Kinshasa

Réuni du 6 au 8 avril 2026, le mouvement d’opposition « Sauvons la RDC », initié par l’ancien président Joseph Kabila, a tenu son deuxième conclave en exil, analysant la crise politique, sécuritaire, économique et sociale du pays. À l’issue des travaux, ses membres dénoncent une « dérive dictatoriale », accusent le pouvoir de répression et contestent les initiatives de paix jugées inefficaces, tout en appelant à la mobilisation autour de l’article 64 de la Constitution.

Exil incandescent, parole affûtée

Depuis l’extérieur, la voix de « Sauvons la RDC » claque comme un manifeste. Le mouvement fustige « une dérive dictatoriale clairement assumée », évoquant « une répression politique, systématique et brutale » ainsi que « le musellement de toute voix opposée ». Dans ce discours frontal, le refus d’un dialogue « crédible » est présenté comme le verrou principal à toute sortie de crise.

Cri d’alarme sur les terres ensanglantées

Le conclave dresse un tableau sombre de la situation sécuritaire, dénonçant « l’abandon total aux ADF des populations de l’Ituri et du Nord-Kivu, livrées à des massacres d’une cruauté indescriptible ». Le communiqué évoque également « des atteintes graves et répétées aux libertés politiques » et « le recours à des assassinats et tentatives d’assassinats ». Autant d’accusations qui, selon le mouvement, « contreviennent aux dispositions pertinentes de la Constitution » et violent « les قواعد fondamentales du droit international humanitaire ».

Paix piégée, accords contestés

Dans une lecture critique des initiatives diplomatiques, « Sauvons la RDC » dénonce la « mauvaise foi » du gouvernement dans les processus de paix, aboutissant à des résultats « décevants ». Le mouvement pointe « la négligence des causes profondes de la crise », citant « le non-respect du pacte républicain de Sun-City, de la Constitution et des lois de la République », mais aussi « une gouvernance prédatrice » et « l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques ». Les accords récents avec Washington, notamment sur l’accueil de migrants expulsés, sont également remis en cause.

Constitution assiégée, résistance proclamée

Face à toute tentative de révision constitutionnelle, le mouvement brandit l’article 64 comme rempart. Il s’engage à « faire barrage » à ce qu’il considère comme une manœuvre de consolidation d’un « système dictatorial », dénonçant « l’exploitation du tribalisme et de la stigmatisation comme stratégies de division ». Dans cette rhétorique, la Constitution devient un champ de bataille politique.

À travers ce conclave, « Sauvons la RDC » structure une opposition en exil qui cherche à peser sur l’agenda national. « Le pouvoir tend naturellement à abuser », écrivait Montesquieu. À Kinshasa comme ailleurs, l’équilibre reste fragile, suspendu entre contestation et autorité.

Et dans le tumulte des discours et des fractures, une évidence persiste : « Là où finit la loi, commence la tyrannie », avertissait John Locke une sentence qui, aujourd’hui, résonne avec acuité dans le destin incertain de la RDC.

Didier BOFATSHI / VFI7, voltefaceinfos7.com

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