Choc budgétaire
La République démocratique du Congo ajuste son budget 2026 à 50 496 milliards CDF. Cela survient lors d’une séance plénière tenue vendredi 3 juillet 2026 au Palais du Peuple à Kinshasa. L’Assemblée nationale adopte le projet de loi de finances rectificative. Elle réagit à une hausse des prix du cuivre et du cobalt. Ainsi, les recettes suivent les marchés mondiaux. Le gouvernement invoque une croissance portée à 5,6 %. Pourtant, la dépendance aux minerais domine toujours.
Cuivre souverain
Les députés valident 389 voix pour, zéro contre. Le texte affiche un équilibre budgétaire fragile. Les recettes additionnelles atteignent 201 milliards CDF. « La hausse du prix du cuivre et du cobalt structure les prévisions », affirme le rapport parlementaire. En conséquence, la RDC ajuste ses ambitions fiscales. John Maynard Keynes rappelait : « L’État doit influencer la propension à consommer ». Ici, il suit surtout les cours mondiaux.
Marché-miroir
Le budget dépend des minerais stratégiques. Le cuivre passe à 12 000 dollars la tonne. Le cobalt grimpe à 50 000 dollars. Ainsi, la croissance projetée s’élève légèrement. Cependant, Raúl Prebisch avertissait : les économies primaires restent vulnérables. Le Congo confirme ce schéma structurel. Par ailleurs, les programmes sociaux absorbent les nouvelles marges.
État-projet
Le gouvernement finance emploi des jeunes et infrastructures. Il engage aussi le PDL-145 territoires. Toutefois, la volatilité internationale reste centrale. Le conflit géopolitique mondial pèse aussi sur les anticipations. Daron Acemoglu souligne : « Les institutions extractives reproduisent la dépendance ». Le budget devient alors un miroir de cette logique.
Fragile équilibre
Le texte part au Sénat pour seconde lecture. Il incarne une trajectoire sous tension. Entre optimisme macroéconomique et dépendance minière, l’équation reste ouverte. Comme l’écrivait Hirschman : « Le développement transforme les contraintes en opportunités ». Reste à savoir si la RDC transformera la rente en avenir. Ou si elle restera prisonnière du métal.
« Un budget est une promesse avant d’être un chiffre », résume un économiste. Et comme le rappelait Albert Camus, « mal nommer les choses ajoute au malheur du monde ».
Didier BOFATSHI

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