
À Mbanza-Ngungu, dans le quartier Luzolo du secteur de Boko, une pluie violente tombée le 9 avril a provoqué l’écroulement d’environ vingt maisons et l’inondation de nombreux champs. Selon la coopérative agricole Luzolo Lua Toma, dirigée par Victor Nzuzi, les intempéries récurrentes fragilisent désormais durablement les habitations et menacent la sécurité alimentaire locale. Entre habitations détruites, cultures ravagées et appel à l’aide, la catastrophe révèle une vulnérabilité environnementale devenue chronique.
Quand le ciel frappe ce que l’État ne protège plus
« La nature ne pardonne pas l’abandon », écrivait Hannah Arendt. À Luzolo, la pluie n’est plus bénédiction mais sanction. Les toitures s’arrachent, les murs cèdent, et le territoire révèle ses fragilités accumulées.
Les maisons tombent, les vies s’exposent
« L’habitat est une seconde peau de l’homme », rappelait Le Corbusier. Ici, cette peau s’est déchirée : maisons en dur effondrées, habitations en paille emportées. La pluie ne détruit pas seulement des structures, elle désorganise des existences entières.
Les champs noyés, la faim en embuscade
Les cultures de maïs et de bananes ont été terrassées. « La sécurité alimentaire est une condition de stabilité sociale », souligne l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. À Mbanza-Ngungu, l’eau menace désormais la table avant même d’avoir cessé de tomber du ciel.
Une catastrophe répétée, une alerte ignorée
Victor Nzuzi parle d’un phénomène récurrent, deux fois par an. « Le risque devient structurel lorsqu’il est ignoré », avertit Ulrich Beck. Ici, l’exception est devenue habitude, et l’urgence, routine.
Derrière les ruines de Luzolo se dessine une vérité plus large : celle d’un territoire où l’environnement, fragilisé par la déforestation et l’absence d’aménagement, transforme chaque pluie en menace existentielle. « L’homme est la nature prenant conscience d’elle-même », écrivait Élisée Reclus. À Mbanza-Ngungu, cette conscience arrive souvent après la chute quand les toits sont déjà au sol.
Didier BOFATSHI
Okapi / VFI7, voltefaceinfos7.com