Walikale fantôme : Villages libérés, vies absentes, la paix suspendue entre ruines et silence

Dans le territoire de Walikale, les villages de Mpety et Minjenje restent presque déserts plus de dix jours après le retrait des troupes de l’AFC/M23. Selon le Cadre inter-paysans pour la transformation des conflits de Pinga (CITC), quelques habitants reviennent timidement, mais les infrastructures essentielles, notamment le centre de santé de Mpety, sont détruites. Entre retour fragile et traumatisme collectif, la réoccupation humaine peine à suivre la fin des combats.

Quand la guerre s’efface, mais ne part pas

« La guerre ne disparaît jamais vraiment, elle change de forme », écrivait Paul Virilio. À Mpety, les armes se sont tues, mais le vide est resté. Le retrait militaire n’a pas encore produit de présence humaine stable : seulement une géographie du silence.

Des villages rendus, mais pas encore repris

« Une terre sans habitants n’est pas un territoire, mais une mémoire en suspens », soulignait Achille Mbembe. Mpety et Minjenje illustrent cette suspension : maisons ouvertes au vent, chemins sans pas, vie sociale en latence.

Le centre de santé, ruine d’un lien vital

Le centre de santé de Mpety, entièrement détruit, symbolise l’effondrement des services essentiels. « La santé est un droit fondamental », rappelle l’Organisation mondiale de la santé. Ici, ce droit est en suspens, suspendu à la reconstruction d’infrastructures disparues.

Retour timide, reconstruction incertaine

Le rapport du CITC évoque un retour progressif des populations, mais fragile. « La paix n’est pas seulement l’absence de guerre », écrivait Johan Galtung. À Walikale, la violence s’est retirée sans que la stabilité ne s’installe.

Dans ces villages du Nord-Kivu, la fin des combats ne marque pas encore le début de la normalité. Entre retour hésitant et ruines persistantes, Walikale demeure un territoire en attente de renaissance.  « La paix est une construction lente », écrivait Kofi Annan. À Mpety, cette construction commence à peine sur les décombres encore chauds de l’absence.

Didier BOFATSHI

Okapi / VFI7, voltefaceinfos7.com

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