
Le gouvernement congolais envisage un audit des universités publiques bénéficiant de l’eau sans paiement auprès de la REGIDESO. Présenté au Conseil des ministres par Aimé Molendo Sakombi et complété par Daniel Mukoko Samba, ce plan d’urgence vise à redresser une entreprise fragilisée par des pertes techniques, un réseau vétuste et des impayés structurels. Objectif : restaurer l’équilibre financier et garantir l’accès durable à l’eau potable à Kinshasa et au-delà.
Réseaux fantômes
« La perte d’un volume important d’eau produit » illustre l’hémorragie silencieuse qui mine la REGIDESO. Le réseau, vieux de plus de cinquante ans, laisse s’échapper une ressource vitale avant même qu’elle n’atteigne le robinet. L’eau disparaît dans les interstices d’une infrastructure usée, transformant chaque fuite en déficit invisible.
Mécaniques à sec
À cette fragilité s’ajoute « le manque de pièces de rechange et d’équipements ». Sans maintenance, le réseau devient une architecture de fortune. Les réparations tardent, les fuites persistent, et la continuité du service se délite. La technique cède devant l’usure, installant une crise lente mais profonde.
Factures fantômes
C’est ici que l’État durcit le ton. Daniel Mukoko Samba insiste sur « la nécessité de faire un audit » des universités publiques, dont « la plupart s’approvisionnent sans payer leurs factures ». Derrière cette gratuité implicite se cache un déséquilibre structurel : une entreprise publique sommée de produire sans être rémunérée.
État en reconquête
Le plan d’urgence propose une riposte : paiement des consommations des institutions publiques et « application d’un nouveau tarif de vente d’eau ». L’objectif est de rétablir une discipline financière, condition sine qua non pour moderniser le réseau et enrayer les pertes.
Ce chantier dépasse la seule REGIDESO : il interroge la gouvernance des biens publics. Comme le soulignait Adam Smith : « Rien n’est plus utile que l’eau, mais elle n’achète presque rien ». À Kinshasa, l’eau gratuite révèle son coût réel : celui d’un système fragilisé. Restaurer sa valeur, c’est réapprendre à payer le prix du service pour préserver la vie même.
Didier BOFATSHI / VFI7, voltefaceinfos7.com