Sécurité routière en RDC : Le pari Bemba contre les routes de sang

Le gouvernement congolais a adopté, via le Conseil des ministres, le Plan national de sécurité routière (PNSR) présenté par Jean-Pierre Bemba. Objectif central : réduire de 50 % les morts sur les routes d’ici 2030. Le dispositif prévoit la révision du code de la route, le renforcement de la sensibilisation des usagers et la modernisation des infrastructures routières. L’enjeu est majeur : transformer un espace routier marqué par une forte mortalité en système structuré de prévention et de responsabilité collective.

Routes-abysses

« La situation de la sécurité routière demeure préoccupante », reconnaît le diagnostic gouvernemental. Sur les axes congolais, la route ne transporte plus seulement des véhicules : elle charrie des risques. Accidents répétés, infrastructures dégradées, comportements imprévisibles. L’espace routier apparaît comme un champ de tensions où la norme peine à s’imposer face à la réalité.

Machines défaillantes

Parmi les causes identifiées figurent « l’état souvent défectueux des engins » et les insuffisances du cadre légal. Dans cette mécanique fragile, chaque véhicule devient un facteur potentiel de rupture. Le PNSR tente ainsi de traiter la route comme un système technique global, où la défaillance d’un élément déclenche la chaîne du désastre.

Codes ressuscités

Le gouvernement veut « actualiser le Code de la route » et renforcer « l’éducation et la sensibilisation des usagers ». L’objectif est clair : réintroduire la règle comme norme sociale contraignante. Le Vice-Premier ministre insiste : « Tous unis pour réduire de moitié, d’ici 2030, le nombre de morts et de blessés dus aux accidents de la route ».

Nation en discipline

Au-delà de la technique, le PNSR ambitionne une transformation des mentalités. Le gouvernement entend rendre « socialement inacceptables les comportements à risque ». Excès de vitesse, incivisme routier, refus des règles : autant de pratiques appelées à être délégitimées dans l’espace public.

Jean-Pierre Bemba inscrit ainsi la sécurité routière dans une logique de survie nationale. Comme l’écrivait Paul Valéry : « Le danger ne vient pas de ce que nous ignorons, mais de ce que nous croyons savoir ». Sur les routes congolaises, c’est désormais la connaissance des règles qui devient condition de vie ou de mort.

Didier BOFATSHI / VFI7, voltefaceinfos7.com

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