
Le dialogue sous tension
Le ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu, a rejeté l’idée d’un dialogue national inclusif conduit par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC). Dans un entretien exclusif accordé à Jeune Afrique, le président du parti AVC estime que les deux confessions religieuses ne réunissent pas les garanties d’impartialité nécessaires pour piloter un tel processus. Cette prise de position intervient après la rencontre, à Bujumbura, entre des leaders religieux congolais, des responsables de l’opposition et le président burundais Évariste Ndayishimiye.
Budimbu ferme la porte
S’exprimant dans les colonnes de Jeune Afrique, Didier Budimbu affirme que la CENCO et l’ECC ne peuvent se prévaloir d’une neutralité suffisante pour convoquer un dialogue national.
« Chacun connaît l’implication de la CENCO et de l’ECC dans le débat politique. Elles ont publiquement reconnu bénéficier d’un financement extérieur pour mener à bien certaines de leurs missions, et leur proximité avec certains acteurs liés à la rébellion de l’AFC/M23 soulève de nombreuses interrogations. Elles sont donc difficilement les mieux placées pour convoquer un dialogue national », déclare-t-il.
Cette déclaration engage la responsabilité de son auteur et intervient dans le cadre d’un entretien accordé à Jeune Afrique.
Bujumbura relance les spéculations
Cette sortie intervient au lendemain de l’audience accordée, le 6 juillet 2026, par le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, à une délégation congolaise composée notamment de responsables de l’opposition ainsi que de représentants de la CENCO et de l’ECC.
Selon la présidence burundaise, les échanges se sont déroulés dans un climat d’« ouverture et de confiance ». Le chef de l’État a plaidé pour un dialogue constructif et une convergence des acteurs congolais afin de favoriser la paix et la stabilité en République démocratique du Congo.
Une bataille autour de la légitimité
Au-delà des déclarations, la controverse révèle une lutte d’influence sur la conduite d’un éventuel dialogue national. La question centrale demeure celle de la crédibilité du futur médiateur, dans un contexte où les institutions politiques, les confessions religieuses et les partenaires régionaux cherchent chacun à peser sur l’avenir du pays.
Comme l’écrivait Montesquieu, « Le pouvoir doit arrêter le pouvoir. » Cette réflexion rappelle que toute médiation durable repose avant tout sur la confiance des parties prenantes, condition indispensable à une sortie de crise.
Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime
