Kamanda wa Kamanda Muzembe remettant une carte d’honneur à Patrick Muyaya à Kinshasa.La remise de la carte professionnelle par Kamanda wa Kamanda Muzembe à Patrick Muyaya, lors de la cérémonie organisée à Kinshasa.

Après le lancement du dispositif en février, l’UNPC poursuit la mise en œuvre d’un mécanisme destiné à identifier les journalistes professionnels.

La réforme de l’identification des journalistes franchit une nouvelle étape en République démocratique du Congo. Le 2 octobre 2026, l’UNPC a remis une carte d’honneur au ministre Patrick Muyaya, dans le cadre de la mise en œuvre de la nouvelle carte d’identité professionnelle des journalistes. Le dispositif s’appuie sur l’ordonnance-loi du 13 mars 2023.

Une réforme engagée depuis les États généraux

La délivrance des cartes professionnelles des journalistes congolais entre dans une phase opérationnelle. L’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) a remis, le 2 octobre à Kinshasa, une carte d’honneur au ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, en présence des responsables de l’organisation.

Cette séquence s’inscrit dans une réforme engagée après les États généraux de la Communication et des Médias de janvier 2022. Le lancement officiel de la nouvelle carte professionnelle avait déjà eu lieu le 19 février 2026 à Kinshasa. À cette occasion, l’UNPC avait présenté un document sécurisé comportant notamment un QR code, un hologramme et un numéro de série individuel.

Le cadre juridique de la carte

Le dispositif repose notamment sur l’ordonnance-loi n°23/009 du 13 mars 2023, qui fixe les modalités d’exercice de la liberté de presse, d’information et d’émission en RDC. Le texte définit également les conditions permettant de reconnaître la qualité de journaliste professionnel.

Selon les critères rappelés par le ministre, cette qualité concerne notamment les diplômés d’une école de journalisme reconnue par l’État dont l’activité principale consiste à collecter, traiter et diffuser l’information. Elle concerne également les titulaires d’une licence ou d’un diplôme équivalent justifiant trois années de pratique professionnelle au sein d’une rédaction reconnue.

Identifier les professionnels sans restreindre la liberté de presse

L’UNPC ajoute des exigences professionnelles et déontologiques à la procédure. L’organisation demande notamment une pratique effective et régulière du journalisme, des productions récentes vérifiables et un lien formel avec un organe de presse légalement établi. La carte est annoncée comme personnelle, incessible et valable deux ans.

Le mécanisme vise ainsi à distinguer le statut professionnel du simple fait de produire ou diffuser du contenu médiatique. Cette distinction prend une importance particulière dans un environnement où les plateformes numériques ont multiplié les acteurs de l’information.

La carte professionnelle ne constitue donc pas seulement un nouveau document d’identification. Sa portée dépendra surtout de la rigueur appliquée aux critères d’attribution et de la capacité de l’UNPC à maintenir un registre crédible des professionnels reconnus.

La question qui se pose désormais est celle de la mise en œuvre : comment ce mécanisme modifiera-t-il concrètement les conditions d’exercice du journalisme et les relations entre médias, institutions et public ?

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