À l’ONU, Bujumbura appelle à privilégier la mise en œuvre des décisions existantes plutôt que l’adoption de nouveaux textes.
Au Conseil de sécurité, le Burundi a appelé à une réponse régionale mieux coordonnée face à la persistance de la crise dans l’Est de la RDC. Lors du briefing consacré à la situation congolaise, le 29 septembre 2026, son représentant permanent a surtout insisté sur l’application des engagements déjà pris, notamment la résolution 2773 adoptée en 2025.
Le Burundi insiste sur l’application
Pour Bujumbura, la question n’est plus seulement de multiplier les décisions internationales. Zéphyrin Maniratanga a estimé que les engagements précédents restent insuffisamment appliqués et a appelé le Conseil de sécurité à privilégier la prévention, la mise en œuvre et la responsabilisation.
Cette position intervient alors que les violences persistent dans l’est de la RDC. Dans son intervention, le diplomate burundais a également défendu une approche régionale, estimant que la situation congolaise ne peut être dissociée de son environnement dans les Grands Lacs.
La résolution 2773 au centre du débat
Adoptée à l’unanimité le 21 février 2025, la résolution 2773 demande notamment au M23 de cesser les hostilités, de se retirer des zones contrôlées et de mettre fin à ses administrations parallèles. Elle appelle aussi le Rwanda à cesser son soutien au M23 et à retirer ses forces de la RDC.
Le rappel burundais porte donc sur un écart entre les décisions internationales et leur mise en œuvre sur le terrain. C’est précisément cette différence que Bujumbura souhaite voir davantage prise en compte dans la réponse diplomatique.
Une crise qui déborde les frontières
Le Burundi souligne aussi le coût régional du conflit. Le pays accueille depuis plusieurs mois d’importants flux de réfugiés congolais. En février 2026, l’ONU indiquait que plus de 90 000 réfugiés ayant fui les combats en RDC étaient arrivés au Burundi depuis décembre 2025.
Cette dimension humanitaire renforce la position burundaise en faveur d’une coordination entre États voisins et organisations régionales.
De la décision au suivi
L’intervention de Bujumbura met ainsi l’accent sur le suivi des engagements plutôt que sur leur seule adoption. Elle pose une question institutionnelle : comment transformer les résolutions, cessez-le-feu et mécanismes régionaux en mesures effectivement observables sur le terrain ?
La réponse dépendra notamment de la capacité des acteurs concernés à coordonner leurs actions, à surveiller les engagements et à maintenir la protection des populations au centre du processus.
Le Burundi replace donc la mise en œuvre au cœur du débat sur la crise dans l’Est de la RDC. La question désormais posée est celle du suivi concret des engagements existants : les mécanismes régionaux et internationaux peuvent-ils produire des effets vérifiables sur le terrain ?
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