Le deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2) entre dans une phase opérationnelle. Son enveloppe globale est fixée à 192 millions de dollars, selon le ministre d’État au Plan, Guylain Nyembo, lors du briefing du 28 septembre à Kinshasa. Le ministre a précisé que cette enveloppe est principalement destinée à la prise en charge des personnels mobilisés.

La première vague compte environ 15 000 agents, dont près de 14 000 cartographes et d’autres techniciens. Cette étape doit permettre de délimiter les zones de dénombrement avant le recensement proprement dit. La cartographie censitaire est déjà en cours et la formation des opérateurs cartographes a débuté en septembre.

Quarante-deux ans après, la RDC veut actualiser son miroir démographique

Le dernier recensement général remonte à 1984. Depuis, la population congolaise a fortement augmenté et les autorités s’appuient largement sur des estimations pour planifier les politiques publiques. L’UNFPA estime aujourd’hui la population à plus de 112 millions d’habitants.

Le RGPH-2 doit donc produire une photographie actualisée de la population, de sa répartition géographique et de ses caractéristiques socio-économiques. Ces données doivent servir notamment à orienter les investissements et les politiques publiques.

De compter la population à mieux connaître le territoire

L’intérêt du recensement dépasse ainsi le seul décompte des habitants. Il s’agit aussi de disposer d’une base statistique permettant de mieux mesurer les besoins du pays.

Le gouvernement veut enfin éviter qu’une nouvelle interruption aussi longue se reproduise. La consolidation de l’Institut national de la statistique doit contribuer à assurer un suivi régulier de l’évolution démographique après le RGPH-2.

Le véritable résultat attendu sera donc moins le chiffre final que la capacité de la RDC à transformer durablement la connaissance de sa population en outil de planification.

Le RGPH-2 représente une opération financière et humaine considérable. Son coût est désormais chiffré, sa cartographie avance et ses premiers agents sont mobilisés. La question sera ensuite de savoir si les données produites pourront devenir une infrastructure statistique durable pour l’État congolais.

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