Ekrem Imamoglu, ancien maire d’Istanbul et principal rival d’Erdogan, comparaît ce lundi 9 mars 2026 pour la première fois devant la justice turque dans une affaire de corruption qui pourrait l’écarter de la présidentielle de 2028. Il est emprisonné depuis près d’un an et risque jusqu’à 2 300 ans de prison pour 142 chefs d’inculpation, dont corruption, extorsion, fraude et blanchiment d’argent.
Le procès, exceptionnel par son ampleur, implique plus de 400 coaccusés et pourrait durer 4 600 jours, soit plus de douze ans. Une nouvelle salle d’audience pour 3 000 personnes est en construction à côté de la prison de Marmara, où Imamoglu est détenu.
Le parquet d’Istanbul affirme que l’ancien maire aurait cherché à prendre le contrôle du CHP, son parti, et à récolter des fonds pour sa campagne présidentielle. Imamoglu dénonce un « procès politique » reposant sur des témoins anonymes et des hommes d’affaires repentis, protégés contre l’abandon des poursuites. Selon lui, sa seule « faute » est de pouvoir battre Erdogan aux élections.
Sa candidature, confirmée en 2025 par une primaire populaire mobilisant 15 millions de Turcs, est désormais compromise. Son diplôme universitaire a été annulé la veille de son arrestation, le rendant légalement inéligible.
Dans une récente interview à la BBC turcophone, Imamoglu a déclaré qu’il soutiendrait « quel que soit le candidat qui permettra de sauver la démocratie turque », reconnaissant implicitement la difficulté de sa propre candidature.
Ce procès, surnommé « échiquier carcéral » par certains observateurs, illustre la dimension stratégique et politique de la justice en Turquie, où chaque mouvement judiciaire peut influencer l’avenir politique du pays.
RFI / VF7, via voltefaceinfos7.com