Une nouvelle lecture de la sécurité à l’ONU
La sécurité humaine a été au centre du message porté par la RDC au Conseil de sécurité de l’ONU, le 21 juillet 2026. À New York, la ministre d’État congolaise Thérèse Kayikwamba Wagner a placé la protection des enfants victimes des gangs au cœur de son intervention sur Haïti. Selon les informations consultées sur la page officielle de la Présidence de la République démocratique du Congo, Kinshasa défend une approche globale de la paix.
Cette position dépasse la seule réponse militaire. Elle relie sécurité, justice, développement et protection des populations.
Pour la RDC, une paix durable commence par la défense des citoyens les plus fragiles. Les enfants deviennent ainsi le symbole d’un combat plus large : reconstruire l’État en protégeant son avenir.
Les enfants, première ligne des crises oubliées
Au Conseil de sécurité, Thérèse Kayikwamba Wagner a attiré l’attention sur les enfants touchés par la violence des gangs en Haïti.
Cette question occupe une place stratégique.
Les enfants sont souvent les premières victimes des conflits. Ils subissent les déplacements, les violences et la perte des repères familiaux.
Pour Kinshasa, leur protection ne relève pas seulement de l’aide humanitaire.
Elle concerne directement la sécurité internationale.
Un enfant exposé à la violence peut devenir une génération perdue. À l’inverse, un enfant protégé devient une force pour la reconstruction.
Comme l’a rappelé Kofi Annan : « Il n’y a pas de développement sans paix, et il n’y a pas de paix sans développement. »
Cette idée résume la vision défendue par la RDC : combattre l’insécurité exige aussi de répondre aux causes sociales des crises.
La sécurité humaine, au-delà des armes
La doctrine de la sécurité humaine change la manière de comprendre les conflits.
Pendant longtemps, la sécurité concernait surtout les frontières et les forces militaires.
Aujourd’hui, une nouvelle approche place l’individu au centre.
Elle prend en compte la violence, mais aussi la pauvreté, l’exclusion et l’absence de perspectives.
La RDC s’inscrit dans cette logique.
Son message est clair : vaincre les groupes armés ne suffit pas.
Il faut aussi renforcer les institutions. Il faut développer la justice. Il faut offrir des opportunités aux populations.
Le Programme des Nations unies pour le développement avait déjà défendu cette approche dans les années 1990.
Selon cette vision, un État est réellement stable lorsqu’il protège ses citoyens.
De l’expérience congolaise à une vision internationale
La position de Kinshasa trouve un écho dans sa propre histoire.
Depuis plusieurs années, la RDC fait face aux violences des groupes armés dans l’Est du pays.
Elle connaît les conséquences humaines des conflits prolongés.
Elle connaît aussi les limites des réponses uniquement sécuritaires.
En parlant des enfants haïtiens, la RDC partage donc une expérience.
Elle cherche à transformer ses difficultés internes en réflexion internationale.
Cette démarche donne une nouvelle dimension à sa diplomatie.
Elle ne consiste plus seulement à demander un soutien extérieur.
Elle consiste aussi à proposer une lecture des crises.
Comme l’explique le philosophe Amartya Sen, le développement doit permettre aux individus d’élargir leurs possibilités de vie.
Cette approche rejoint la position congolaise : protéger les citoyens permet de renforcer l’État.
Reconstruire l’État par la protection des populations
Derrière la question des enfants se trouve un enjeu majeur : l’avenir des États fragiles.
Un État ne se construit pas uniquement avec des forces de sécurité.
Il se construit aussi avec des écoles, des tribunaux, des services publics et une confiance collective.
La RDC défend donc une vision complète de la paix.
La sécurité militaire reste nécessaire.
Cependant, elle doit être accompagnée par une politique sociale et institutionnelle.
Cette approche pose une question essentielle : peut-on vaincre durablement l’insécurité sans investir dans la justice sociale et le développement ?
Pour Kinshasa, la réponse semble claire.
La paix ne peut pas être seulement imposée.
Elle doit être construite par les sociétés elles-mêmes.
Protéger l’enfant pour préparer la paix de demain
L’intervention de Thérèse Kayikwamba Wagner au Conseil de sécurité marque une évolution du discours diplomatique congolais.
À travers la sécurité humaine, la RDC défend une idée forte : la stabilité d’un pays dépend d’abord de la protection de ses citoyens.
Cette vision replace l’être humain au centre des politiques internationales.
Elle rappelle que les crises ne se résolvent pas uniquement avec des armes, mais aussi avec des institutions solides et des perspectives d’avenir.
Comme le disait Nelson Mandela : « Il ne peut y avoir de révélation plus vive de l’âme d’une société que la manière dont elle traite ses enfants. »
Le défi pour la communauté internationale sera désormais de transformer cette conviction en actions concrètes. Car protéger les enfants aujourd’hui, c’est préparer les États de demain. Une idée qui rejoint la pensée d’Amartya Sen : le véritable progrès commence lorsque l’humain devient la première mesure du développement.

