Le gouvernement congolais projette l’exhumation de Mamadou Ndala pour transférer sa dépouille au cimetière militaire Repos du Soldat, à N’Sele. L’annonce marque une nouvelle étape dans la politique de mémoire des militaires ayant servi sous le drapeau.
Mamadou Ndala : un projet, pas encore une exhumation
Selon Éliezer Ntambwe Mposhi, ministre délégué chargé des Anciens combattants, les autorités travaillent sur cette opération.
« Nous sommes en train de travailler sur l’exhumation du corps de Mamadou Ndala, de là où on l’a placé, parce que nous estimons que, et avec le cadre que le commandant suprême a voulu pour ceux qui ont servi sous le drapeau, le cimetière Repos du Soldat que vous avez certainement déjà vu, nous projetons d’exhumer le corps de Mamadou Ndala. Il mérite d’être également honoré »
Mamadou Ndala repose depuis janvier 2014 au camp Kokolo. Radio Okapi confirme son inhumation à Kinshasa après sa mort à Beni.
Du tombeau au cadre national de mémoire
Le cimetière Repos du Soldat a été inauguré en septembre 2025. La Présidence le présente comme un espace destiné aux militaires et hauts dignitaires. Il couvre 74 hectares.
Le ministre annonce aussi sa multiplication dans les provinces :
« Nous projetons également de multiplier le cimetière Repos du Soldat à travers le pays, parce qu’on ne va pas prendre un militaire qui est décédé par exemple au Kasaï, le ramener à Kinshasa pour être inhumé »
Cette logique rejoint la pensée de Maurice Halbwachs : la mémoire collective s’appuie sur des cadres sociaux et matériels. Ici, l’État cherche à donner à la mémoire militaire un cadre durable.
2025-2026 : une politique mémorielle se structure
En 2025, le Repos du Soldat devient un lieu officiel d’inhumation. En 2026, le gouvernement annonce vouloir étendre ce modèle.
La comparaison avec Yad Vashem rappelle, à une autre échelle et dans un contexte totalement différent, qu’un lieu de mémoire peut devenir un instrument de transmission collective. La RDC semble engager une démarche comparable sur un terrain strictement militaire : conserver des noms, des parcours et des sacrifices dans l’espace public.
L’enjeu reste toutefois la mise en œuvre. Le ministère annonce un projet. Il n’annonce ni date d’exhumation ni calendrier de transfert.
Le véritable enjeu : transmettre la mémoire
L’angle essentiel apparaît ici : l’État ne prépare pas seulement le déplacement d’une dépouille. Il cherche à institutionnaliser la mémoire de ceux qui ont servi la République.
Cette politique touche aussi la sécurité. Une mémoire militaire organisée peut renforcer le lien entre l’institution, la Nation et les générations futures.
La question demeure désormais simple : cette volonté annoncée deviendra-t-elle une politique durable, financée et déployée dans toutes les provinces ?
Votre avis nous intéresse. Réagissez et participez au débat dans l’espace « Laisser un commentaire ».
Opinion info / VFI7, voltefaceinfos7.com

Jésus-Christ t’aime
