À Kinshasa, la Coalition Article 64 veut porter son opposition au changement constitutionnel devant le Palais du peuple, le jour de la rentrée parlementaire.
La Coalition Article 64 (C64) maintient sa mobilisation annoncée pour le mardi 15 septembre 2026 à Kinshasa. Elle prévoit une manifestation pacifique devant le Palais du peuple, siège du Parlement. Selon la C64, cette action vise à défendre l’ordre constitutionnel et à interpeller les députés sur leur mandat.
Une manifestation annoncée devant le Parlement
La C64 avait annoncé cette mobilisation depuis août. Le 3 septembre, elle a confirmé son rendez-vous devant le Palais du peuple. Plusieurs points de rassemblement doivent converger vers le siège du Parlement.
Selon Franklin Tshamala, la mobilisation doit transmettre un « message politique précis » aux députés. Il présente l’action comme une « démarche pacifique d’expression démocratique ».
La C64 affirme s’opposer au projet de changement de la Constitution. Elle invoque notamment les articles 70 et 220 et défend son interprétation de l’article 64.
Le droit de manifester face à l’enjeu sécuritaire
La Constitution garantit la liberté de manifestation. Son article 26 impose toutefois aux organisateurs d’informer l’autorité administrative compétente.
La simultanéité avec la rentrée parlementaire crée un enjeu particulier. Augustin Kabuya a demandé que la cérémonie solennelle soit déplacée à 18 heures. Selon lui, ce décalage réduirait les risques de tensions autour du Palais du peuple.
Cette demande ne constitue pas la preuve d’une confrontation annoncée. Elle traduit une mesure préventive avancée par un responsable politique. La C64, de son côté, rejette cette lecture.
Le véritable enjeu : passer de l’annonce au résultat
La journée du 15 septembre mettra donc trois responsabilités à l’épreuve : celle de la C64, celle du Parlement et celle des autorités chargées de la sécurité.
Montesquieu écrivait : « Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que […] le pouvoir arrête le pouvoir. » Cette pensée éclaire ici un enjeu précis : le contrôle démocratique ne repose pas seulement sur la rue ou le Parlement, mais sur leur capacité à coexister dans le cadre constitutionnel.
Le sens essentiel de cette mobilisation reste donc à mesurer dans les faits : la vigilance citoyenne annoncée produira-t-elle une interpellation démocratique sans confrontation ?
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