Après le drame qui a coûté la vie à des enfants, l’opposant questionne la capacité de l’État à exercer son autorité à Bukavu.

Martin Fayulu réagit vivement à l’incendie meurtrier survenu à Bukavu. Dans une publication sur X, vendredi 11 septembre 2026, l’opposant accuse le gouvernement de ne plus exercer pleinement son autorité dans une ville contrôlée par l’AFC-M23. Ses propos relancent le débat sur la souveraineté de l’État dans l’Est de la RDC.

Fayulu met en cause l’autorité de l’État

Martin Fayulu présente l’incendie comme un révélateur de la situation sécuritaire à Bukavu. Il adresse d’abord ses condoléances aux familles touchées. Il dénonce ensuite la répétition des incendies meurtriers dans la ville.

« Et le gouvernement, incapable d’exercer son autorité, s’en remet à ceux qui occupent la ville », écrit-il.

L’opposant ajoute : « Quelle honte pour la République ! »

Ces propos relèvent de l’appréciation politique de Fayulu. Ils ne constituent pas, à eux seuls, une preuve indépendante d’une défaillance précise du gouvernement dans la gestion du sinistre.

Un drame dans une ville sous contrôle de l’AFC-M23

L’incendie s’est produit dans un contexte particulièrement sensible. Bukavu reste contrôlée par l’AFC-M23, alors que Kinshasa conteste cette situation et revendique la souveraineté de l’État sur l’ensemble du territoire national.

Selon les autorités provinciales, le sinistre a fait au moins 26 morts, principalement des enfants. Le bilan communiqué peut encore évoluer.

Le drame pose donc deux questions distinctes : celle de l’intervention face à une catastrophe et celle de l’exercice effectif de l’autorité publique dans une zone contrôlée par un groupe armé.

Le véritable enjeu : qui protège les pop2ulations ?

La réaction de Fayulu déplace ainsi le débat du seul incendie vers la question de la responsabilité publique.

Max Weber définissait l’État moderne par sa prétention au monopole de la violence physique légitime sur un territoire. Cette notion aide à comprendre l’enjeu de Bukavu : lorsqu’un État ne contrôle plus effectivement une partie de son territoire, la protection des populations devient aussi une question de souveraineté.

Mais cette lecture exige une distinction. L’occupation de la ville et la responsabilité exacte dans la gestion de l’incendie ne doivent pas être confondues. Les circonstances du sinistre et la chaîne précise des interventions doivent être établies par des sources compétentes.

Une question qui dépasse Fayulu

Au-delà de la polémique politique, l’incendie remet au centre une exigence fondamentale : protéger les civils, garantir les secours et assurer les services essentiels, même dans un contexte de conflit.

Pour Kinshasa, l’enjeu est sécuritaire, mais aussi institutionnel et humanitaire. Pour les habitants, il est d’abord concret : pouvoir vivre, apprendre et être secouru sans dépendre d’une autorité dont le statut reste contesté.

Le véritable enjeu révélé par cette polémique est donc moins la déclaration de Fayulu que la capacité réelle des institutions à protéger les populations dans les territoires qu’elles ne contrôlent plus effectivement.

Comment la RDC peut-elle garantir la protection de ses citoyens lorsque son autorité territoriale reste contestée ?

Votre avis nous intéresse. Réagissez et participez au débat dans l’espace « Laisser un commentaire ».

Jésus-Christ t’aime

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *