Une alerte venue de New York

Le multilatéralisme en crise était au centre du message porté par la RDC au Conseil de sécurité de l’ONU, le 21 juillet 2026. À New York, la ministre d’État congolaise Thérèse Kayikwamba Wagner a défendu, au nom du Groupe A3 africain, une nouvelle approche face aux crises internationales. Selon les informations consultées sur la page officielle de la Présidence de la République Démocratique du Congo, Kinshasa appelle à des réponses plus rapides et plus efficaces.

Cette intervention concernait la situation en Haïti. Cependant, son message dépassait ce seul dossier. La RDC a posé une question essentielle : les mécanismes internationaux actuels permettent-ils encore de répondre efficacement aux crises qui durent ?

Derrière le discours diplomatique apparaît une critique mesurée. Kinshasa ne rejette pas l’ONU. Il demande un multilatéralisme plus concret.

Haïti, symbole des limites du système international

Au Conseil de sécurité, Thérèse Kayikwamba Wagner a évoqué la crise haïtienne. Elle a insisté sur la violence des gangs et la fragilité des institutions.

Pour la RDC, la réponse internationale doit aller au-delà des déclarations.

Elle doit produire des effets visibles. Elle doit protéger les populations. Elle doit renforcer l’autorité de l’État.

Cette position s’appuie aussi sur l’expérience congolaise.

Depuis plusieurs années, la RDC fait face aux groupes armés dans l’Est du pays. Elle connaît les difficultés liées aux conflits prolongés et aux interventions internationales.

Ainsi, Haïti devient un miroir.

La crise haïtienne rappelle une réalité : une résolution internationale ne suffit pas toujours à rétablir la paix.

Comme le disait Dag Hammarskjöld, ancien secrétaire général des Nations unies : « L’ONU n’a pas été créée pour conduire l’humanité au paradis, mais pour la sauver de l’enfer. »

Aujourd’hui, l’enjeu est de savoir si elle dispose encore des moyens d’agir efficacement.

Du multilatéralisme des discours au multilatéralisme des actes

Le message congolais repose sur une idée simple.

Les décisions internationales doivent être suivies d’actions.

Depuis plusieurs décennies, le Conseil de sécurité adopte des résolutions sur de nombreuses crises. Pourtant, certaines situations restent bloquées.

La RDC souligne donc un écart entre les engagements et les résultats.

Cette critique ne vise pas uniquement l’ONU.

Elle concerne aussi l’ensemble du système international de gestion des crises.

Dans cette logique, Kinshasa défend une diplomatie de terrain.

Les populations doivent voir les effets des décisions prises à New York.

La crédibilité des institutions dépend de leur capacité à changer les réalités locales.

Selon Joseph Nye, la puissance repose aussi sur la capacité à obtenir les résultats recherchés.

Ainsi, une organisation internationale reste influente lorsqu’elle inspire confiance.

Le Groupe A3 et la nouvelle voix africaine

La prise de parole congolaise prend une dimension collective avec le Groupe A3 africain.

Cette structure réunit la RDC, le Libéria et la Somalie au Conseil de sécurité.

Elle permet aux pays africains de mieux porter leurs préoccupations dans les débats mondiaux.

À travers cette plateforme, l’Afrique réclame une place plus importante dans les décisions internationales.

Le continent ne veut plus seulement commenter les crises.

Il veut participer à leur résolution.

Cette évolution traduit une transformation du rôle africain dans le système mondial.

Les États concernés par les crises souhaitent désormais apporter leur expérience.

Ils veulent aussi influencer les méthodes de réponse.

Une nouvelle étape pour la diplomatie congolaise

L’intervention de Thérèse Kayikwamba Wagner marque une étape importante pour la diplomatie congolaise.

Elle montre une RDC plus active sur les grands dossiers internationaux.

La crise du multilatéralisme devient ainsi un espace de réflexion pour Kinshasa.

La RDC défend un principe : la paix ne se construit pas seulement avec des textes. Elle se construit avec des actions.

Cependant, cette ambition reste confrontée à un défi majeur.

Pour être crédible, la critique doit être accompagnée de propositions concrètes.

L’influence diplomatique se mesure dans la durée.

Elle dépend de la capacité à transformer les paroles en décisions.

Réinventer le multilatéralisme pour répondre aux crises

La séquence du Conseil de sécurité du 21 juillet 2026 révèle une évolution du discours congolais.

À travers Haïti, la RDC a mis en lumière les limites du système international actuel.

Elle appelle à passer d’une diplomatie des résolutions à une diplomatie des résultats.

Le multilatéralisme en crise pose donc une question centrale : comment restaurer la confiance entre les institutions internationales et les peuples qu’elles cherchent à protéger ?

Comme l’écrivait Albert Einstein : « Nous ne pouvons pas résoudre nos problèmes avec la même pensée que celle qui les a créés. »

Face aux crises persistantes, l’avenir de l’ONU dépendra de sa capacité à évoluer. Car, dans le monde actuel, la légitimité ne se mesure plus seulement aux décisions prises, mais aux vies réellement transformées.

Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

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