Semer la paix dans les cahiers

Face aux conflits qui secouent plusieurs régions du pays, une initiative parlementaire entend s’attaquer à la racine du problème : l’éducation. Selon une information de l’Agence Congolaise de Presse (ACP), consultée par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, le député national et professeur Célestin Musao Kalombo Mbuyu a annoncé, samedi 7 juin à Kinshasa, le dépôt prochain d’une proposition de loi visant à intégrer les cours d’éducation à la paix dans la loi-cadre de l’enseignement national en République démocratique du Congo.

Quand l’école devient un rempart

Pour l’élu de Kabongo, dans la province du Haut-Lomami, les programmes actuels présentent des lacunes importantes en matière de culture de la paix. « Nous avons remarqué qu’il y a un manque criant des aspects qui puissent consolider la paix dans les chefs des élèves et même des étudiants », a-t-il déclaré lors d’une conférence consacrée à cette thématique.

L’objectif est d’inscrire officiellement cet enseignement dans les écoles publiques et privées afin que les jeunes apprennent, dès leur plus jeune âge, les valeurs du dialogue, de la tolérance et du vivre-ensemble.

La paix, bien plus que l’absence des armes

Au-delà de la réforme éducative, le parlementaire invite à une réflexion nationale sur la signification profonde de la paix. « L’absence de la guerre ne signifie pas paix », a-t-il rappelé, plaidant pour une paix cultivée « dans les esprits, dans les cœurs et dans les contrées ».

Cette vision trouve un écho dans la pensée de Nelson Mandela : « L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde ». Dans un pays marqué par des décennies de crises sécuritaires, l’école apparaît ainsi comme un levier stratégique de transformation sociale.

Construire la nation avant de reconstruire les provinces

Alors que le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri et Kwamouth continuent de subir les conséquences de l’insécurité, cette proposition de loi porte une ambition plus vaste : faire de la culture de la paix un pilier du développement national. Derrière les programmes scolaires se dessine une volonté de prévenir les violences futures en formant des citoyens davantage conscients de leurs responsabilités collectives.

Comme le soulignait le philosophe Baruch Spinoza, « la paix n’est pas l’absence de guerre, mais une vertu, un état d’esprit, une disposition à la bienveillance ». C’est précisément cette disposition que cette initiative législative ambitionne de transmettre aux générations futures. Car si les conflits détruisent les infrastructures en quelques jours, seule l’éducation peut reconstruire durablement les consciences et consolider les fondations d’une paix véritable en République démocratique du Congo.

Didier BOFATSHI

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *