
Le match, le message
Au terme du match nul hier mercredi 17 juin entre la RDC et le Portugal, devant une Fan Zone en liesse aux États-Unis, le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a livré un discours qui a dépassé le cadre du football. Alors que les Léopards venaient d’arracher une égalité porteuse d’espoir, le chef de l’État a transformé l’émotion sportive en réflexion nationale. Son intervention a relié l’histoire, le présent et l’avenir d’un pays en quête de maîtrise de son destin.
Les fantômes du rétroviseur
« Les ennemis étaient entrés, nous étions distraits », a déclaré Félix Tshisekedi. Puis cette phrase plus incisive encore : « Ils ont même écarté un fils du pays, et ils ont placé leur chien, qu’ils pouvaient dresser à leur guise. »
Au-delà de la formule, le président convoque une mémoire collective. Il évoque implicitement des périodes où la RDC aurait perdu une partie de son autonomie. Son regard embrasse le passé comme pour rappeler qu’une nation qui oublie ses blessures risque de les revivre. Comme l’écrivait Aimé Césaire : « Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir. »
Le présent sous les projecteurs
Face à la diaspora congolaise rassemblée, le football devient une métaphore nationale. Les Léopards incarnent la résilience, la combativité et la capacité à se relever malgré les obstacles. Cette communion populaire révèle une vérité plus profonde : la nation ne vit pas seulement sur un territoire, elle vit aussi dans les consciences.
L’horizon du Léopard
En filigrane, le discours présidentiel projette l’avenir. Derrière la célébration sportive apparaît un appel à la vigilance, à l’unité et à la responsabilité collective. Comme le rappelait Frantz Fanon, « Chaque génération doit découvrir sa mission ». La question demeure entière : comment transformer l’énergie d’un soir en force durable pour la RDC ?
Le rugissement des Léopards s’est peut-être tu sur la pelouse. Mais dans l’imaginaire national, il continue de porter une promesse : celle d’un Congo qui regarde son passé sans s’y enfermer, affronte son présent sans le subir et construit son avenir sans le déléguer.
Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime
